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dernier soubresaut des dinosaures du rock, 24 juillet 2011
Après les chefs-d'oeuvre des années 60, le déclin relatif des années 70 (avec quelques bons albums à la clé) et les errances des années 80, les Rolling Stones inaugurent une quatrième décennie sur le toit du rock n'roll, avec l'album "Voodoo Lounge" publié en 1994. Ce disque est un événement à plus d'un titre. C'est d'abord le premier album enregistré sans le bassiste historique Bill Wyman (l'aîné des Stones, qui quitta le groupe en 1992 après la tournée "Steel wheels"). Ensuite, il s'agit du premier opus de l'ère CD, ce qui explique sa longueur (15 titres). Enfin, c'est la première fois depuis leurs débuts que les "pierres qui roulent" espacent autant la sortie de deux albums (5 ans entre le précédent et celui-ci). D'emblée, on est partagé à l'écoute de ce disque. Au rayon des bonnes surprises, on peut louer les efforts de production, avec une tentative de l'arrangeur Don Was de renouer avec le son des grandes années. Ainsi, la chanson d'intro "Love is strong", avec son riff efficace et son harmonica déchaîné, rappelle les classiques du groupe. Même sentiment à l'écoute du superbe "New faces", qui fait songer à la grande époque de "Lady Jane". Ailleurs, "Sweethearts together" et son accordéon nous plongent dans une pop exotique et mélodieuse où Jagger/Richards semblent se faire plaisir. L'auditeur est également heureux de découvrir deux compositions de Keith Richards, les blues crépusculaires "The worst" et "Thru and thru", qui comptent parmi les réussites de l'album. Autres bons moments, les ballades "Out of tears" et "Blinded by rainbows", qui croisent quelques morceaux rapides typiques des Stones, comme "Sparks will fly", "Brand new car" et "Mean disposition", chansons énergiques très agréables. Hélas, comme il est évoqué plus haut, le défaut de ce disque est sa longueur, exigée par les nouvelles contraintes du CD, quitte à privilégier la quantité à la qualité. Ainsi, quelques titres inutiles atténuent les points forts de l'opus, comme les banals "You got me rocking", "I go wild" ou "Moon is up", sans parler du pénible "Suck on the jugular", où Jagger essaie pathétiquement d'imiter les Red Hot Chili Peppers. Ce morceau préfigure l'album suivant, le médiocre "Bridges to Babylone" de 1997. Les Rolling Stones reviendront en 2005 avec un CD routinier et beaucoup trop long, "A bigger bang", qui n'ajoutera rien à leur légende. Les fans hésitants qui voudraient compléter leur collection peuvent trouver leur compte en écoutant "Voodoo Lounge". Ce n'est pas un disque indispensable (il y a bien longtemps que les Stones ne créent plus la mode), mais tout simplement un bon album de rock des années 90.
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4.0 étoiles sur 5
splendide et pénétrant, 18 novembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Voodoo Lounge (CD)
Cet album est largement sous-estimé par les ayatolas de la discographie stonienne. On y entend les Stones en bluesmen inspirés et parfaitement maîtres de leur art. Sur le beat profond et obsédant de Charlie, les guitares étincellent de mille riffs, comme pour invoquer la voix (ou plutôt les voix, tant il sait la faire varier) d'un Mick Jagger proprement possédé. Le blues du groupe explose dès le sublime Love is strong (l'un des meilleurs titres des Stones, toutes époques confondues), puis se décline en ballades (Sweetheart together), boogie diabolique (Mean disposition) ou carrément hard (You got me rocking), il se fait mystérieux (Moon is up), funky (Suck on the jugular), cosmique (Out of tears et I go wild), élizabéthain et ironique (New faces), tandis que les arrangements, plus nombreux qu'à l'ordinaire, ont toujours quelques chose de délicieusement vicieux. Ajoutons que les faces B des quatre singles (So young, The Storm, Jump on top of me, I gonna drive) étaient de véritables joyaux qu'on aimerait bien voir réédités.
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Irrésistible loge vaudoue, 8 février 2011
Coup dur pour les Rolling Galets : en 1993, Bill Wyman, leur historique bassiste (là depuis le début) fout le camp. Pour la première fois de leur carrière (et c'est toujours le cas actuellement), les Stones n'ont plus de bassiste. Pendant l'enregistrement de Voodoo Lounge, leur album qui sortira en 1994, premier sans Wyman, la basse sera tenue par Darryl Jones (qui sera présent en concerts), ainsi que par Keith Richards. On se démerde comme on peut, pas vrai ? D'une durée de 62 minutes, Voodoo Lounge est, à l'époque de sa sortie, l'album studio le plus long du groupe depuis Exile On Main St (cette durée de 62 minutes sera dépassée de 2 minutes par A Bigger Bang en 2005). Gros succès à sa sortie, l'album est une réussite (supérieur à n'importe quel album stonien depuis Some Girls, mais en-deça de Some Girls quand même), et on y trouve trois immenses chansons du groupe : Mean Disposition, Thru And Thru (magnifique chanson interprétée par Richards) et You Got Me Rocking, devenu un essentiel en concerts.
15 chansons, c'est sans doute l'album studio des Stones qui utilise le mieux le format CD (à l'époque). C'est la première fois, excepté pour le double Exile On Main St de 1972 (18 titres), que les Cailloux mettent autant de chansons sur un album studio. A part Thru And Thru (6,15 minutes) et Out Of Tears (5,30 minutes), les chansons sont assez courtes. Ce qui ne veut pas dire bâclées, même si je trouve que The Worst mérite bien son nom ("Le pire"), car franchement médiocre. De même que Sparks Will Fly, que je n'aime pas trop. Mais le reste vaut carrément le coup. Voodoo Lounge est le meilleur Stones depuis Some Girls, il est d'un niveau un peu inférieur au futur A Bigger Bang, mais meilleur que Bridges To Babylon et Steel Wheels.
Cette "loge vaudou" (titre) est donc un très bon cru pour les Rochers, un album pas parfait (comme je l'ai dit, deux -trois titres anodins), mais d'un niveau franchement réjouissant. Grammy Award du meilleur album rock en 1995, l'album sera l'objet d'une phénoménale tournée (un live sortira, Stripped, en 1995, album contenant des titres acoustiques et des reprises blues, mais, gag, aucun titre de Voodoo Lounge, bien que datant de la tournée de l'album), et reste un disque très apprécié des fans. Bref, très bon disque.
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