La photo est floue. En fond, une plage déserte.
Vous êtes ici, c’est d’abord, un arrêt dans le plat pays, celui de Saule. Sur une mélodie minimaliste, le chanteur ouvre le bal avec
«Saule», auto description métaphorique : «Je suis un saule qui pleure / En attendant mon heure/ Si le roseau penche/ Moi, mon cœur flanche». Le ton est donné. L’écriture de l’artiste flirte avec mélancolie et poésie. C’est aussi le cas dans
«Le baiser», récit d’un amour inconditionnel. La voix doucement écorchée du chanteur vous réveille sur
«Tu dors», un blues sensuel et intime.
La nature prend ses aises dans
« Dame pipi », comptine à vingt centimes, sous fond de guitare sèche, l’instrument de base de Saule. On a comparé Saule à Mathieu Boogaerts sur cet album. C’est vrai que l’on entend la brise légère du chanteur français dans
«Si» et
« Tête ailleurs ».
Le chanteur belge croque la société à sa manière, dans
« Minimum », la flegme de l’être humain poussée à son paroxysme.
« Peter Pan » brosse lui le portrait d’un adulte, «adolescent attardé». On retient aussi le swinguant
«Murphy», avec ses chœurs fournis, sur la «poisse».
On se laisse porter même si les mélodies sont parfois répétitives. Au contraire,
« Le boss », tout droit sorti d’une feria espagnole tranche avec le reste ! On termine l’effeuillage avec
« Le bal des timides », où l’on se sert « de l’alcool comme lubrifiant social ». Nul besoin d’enquiller les bières (belges) pour apprécier ce premier album prometteur…
Paula Haddad - Copyright 2012 Music Story