En 1954 Roberto Rossellini réalise 'Voyage en Italie', musique de son frère Renzo, qui raconte la fin d'un amour. Trois ans après, au retour d'un voyage en Inde, lui-même et Ingrid Bergman se sépareront.
Les époux britanniques Joyce (comme le James Joyce qui écrivit 'Ulysse' ?) viennent en Italie pour y vendre la propriété de l'oncle Homer (comme le Homère qui chanta Ulysse justement aussi dans son 'Odyssée' ?) qui vivait du côté de Naples. Lui, George Sanders, trouve l'Italie, ce pays de paresseux et de fous, sale et bruyante ; elle, Ingrid Bergman, apprécie sa dolce farniente. Quant à sa femme, il la trouve trop romantique ; et elle, elle le trouve trop cynique ; elle passe son temps à réciter des poèmes et à visiter des musées, lui ne pense qu'à retourner à son travail et à s'occuper de ses affaires. Ils n'ont pas d'enfants. C'est elle qui avait décidé de venir en Italie en voiture, pensant que ce voyage à deux allait les rapprocher, mais en fait il va finir de les séparer. A un moment donné du film, ils se promènent tous les deux au milieu des ruines de Pompéi auquel leur amour ressemble désormais. Un miracle est-il possible ?
Présenté dans une version restaurée (image et son ; mais l'image n'est pas très bonne malgré tout), en version originale italienne et anglaise avec ou sans sous-titres français, ce film extrêmement moderne pour son époque, tourné en décors naturels, a beaucoup plu et influencé les cinéastes de la Nouvelle vague. Et il y a d'ailleurs une réelle correspondance entre ce long-métrage et 'Le mépris' que le cinéaste suisse romand Jean-Luc Godard tourna en 1963, en Italie également, à Rome et à Capri, au large de Naples donc, et qui raconte lui aussi la fin d'un amour, et dans lequel Godard filme des statues de la même façon que Rossellini le fit dans ce film, et dans lequel il est également beaucoup question de l''Odyssée' et d'Ulysse, un homme qui a quitté sa femme pour longtemps, peut-être parce qu'il n'avait pas vraiment envie de lui revenir...
Ecrit au jour le jour sur place avec son coscénariste, ce film de Rossellini très improvisé tient plus de l'étude entomologique et du documentaire que du cinéma traditionnel. C'est en fait une sorte de film expérimental qui a évidemment dérouté les spectateurs de l'époque. En fait, il n'est devenu un classique que bien après grâce à sa modernité justement. Pour cinéphiles uniquement donc !