Cet album de Gainsbourg est injustement méconnu. Il est éclipsé par "le" tube qu'il contient, "Je suis venu te dire que je m'en vais", bon morceau, certes, mais quelque peu longuet sur la fin. Cet album survient après "Melody Nelson", sans en avoir la force innovante : ce n'est pas un concept album. Mais je le trouve bien meilleur, il n'a pas ce côté surproduit et un peu mielleux de Melody. Au contraire, c'est un pur album de rock, avec un son sec, très serré, très chaud en même temps. Un son qui n'a pas veilli en plus de trente ans. En même temps, Gainsbourg a-t-il jamais mieux chanté que sur cet album ? Il est crooner, doux, gourmand. Et mélodique, bien sur !
Un grand album, intimiste sans être intime, sans la profondeur de l'Homme à tête de choux qui viendra par la suite, mais qui vaut plus que le détour. A classer aux côtés ce dernier et des deux albums reggae parmi les incontournables de Gainsbourg.