Pas la peine d'y aller par quatre chemins: j'ai adoré ce film! En fait, il y a longtemps que j'apprécie le cinéma d'Oliver Stone et cela pour deux raisons. D'abord, celui-ci a le mérite d'aborder des sujets forts sans détours, comme dans "Salvador" ou plus récemment "World Trade Center". Ensuite, il possède un punch qui a tendance à se raréfier à Hollywood. Bien sûr, il arrive à Stone d'être maladroit ou de forcer un peu le trait, mais cela fait partie de son charme, justement. Il n'est pas un esthète ou un styliste qui cherche la belle scène ou l'éclairage qui tue. Non, c'est un fonceur qui filme avec ses tripes, comme un boxeur balance ses uppercuts. Ce qui l'intéresse, c'est de faire passer son message en force. D'ailleurs, me direz-vous, pourquoi s'embarrasser de nuances quand on traite d'un sujet comme George W. Bush? Et pourtant jamais ce film ne sombre dans la parodie ou la caricature. Plus qu'une véritable biopic, c'est une étude de caractère qui s'appesantit en particulier sur la relation complexe entre les Bush père et fils, et au risque de répéter ce que beaucoup ont dit avant moi, dans le rôle de Dubya, Josh Brolin est absolument hallucinant de vérité. Non seulement il ressemble réellement à son modèle, mais en plus il en a parfaitement assimilé toute la gestuelle et toutes les mimiques, ce qui nous vaut une performance au moins aussi impressionnante que celle d'Helen Mirren dans "The queen". Quant au fond du film, il est si cruel pour le principal intéressé que même ses plus fidèles supporters ont dû ressentir un sacré malaise à la vision de certaines scènes! Par moments, on ne sait même plus s'il faut rire ou pleurer de l'incompétence manifeste de ce type qui régna pendant huit ans sur le pays le plus puissant du monde. "W", pour autant, n'est ni un pamphlet, ni un réquisitoire. Stone, comme d'habitude, sait rester neutre et nous présenter les faits de manière brute sans jamais chercher à nous manipuler. Ce qu'il nous montre est suffisamment édifiant pour ne pas en rajouter!