Les Londoniens de Cazals ont sans doute été le plus gros
buzz porté par la presse musicale anglaise en 2008. On connaît les habitudes du célèbre magazine
New Musical Express, qui arbore le « meilleur groupe de tous les temps » sur sa couverture plusieurs fois par an… Ce fut le cas pour Cazals, groupe plébiscité et savamment promu par Daft Punk, Bloc Party, Pete Doherty et toute la clique ultra branchée du monde musical européen.
Finalement sorti en février 2009, soit plusieurs mois après sa sortie supposée en France, est-on en mesure de dire que l’attente valait le coup ? Oui et non. Non car les titres que comporte ce
What of Our Future? étaient déjà, pour la plupart, disponibles sur leurs trois maxis sortis en amont, engendrant fatalement un effet de surprise quasi inexistant. Et oui parce que tout de même, le groupe emmené par Phil Bush propose un rock aux accents new wave et electro d’excellente facture. Ce premier opus dévoile des influences reconnaissables à des kilomètres : la voix et le phrasé prouvent que le groupe a appris ses classiques par cœur... Pêle-mêle, on pense fortement à Ric Ocasek, l’ex leader de The Cars, à Bloc Party dont certains riffs auraient pu figurer sur n’importe quel album du groupe de Kele Okereke, aux Babyshambles avec qui Cazals a certainement du trop traîner en studio de répétition, ou encore à bon nombres de groupes estampillés new wave dont on ne fera pas l’inventaire ici.
Produit par Martin Dubka, le bassiste du groupe, ce bien nommé
What of Our Future? est néanmoins un bon album de rock anglais. Certes, le miracle annoncé par une presse en mal de sensations fortes n’aura pas lieu, évidemment. Mais des titres comme «
Somebody Somewhere » (single), « To Cut a Long Story Short », « Poor Innocent Boys »,
« A Big Mistake » ou
« New Boy in Town », qui ouvre l’album de manière magistrale, font de ce premier essai un objet musical assez addictif. En définitive : trop de buzz tue le buzz, et ce
What of Our Future ? avait toutes les qualités requises pour être un très bon album… Mais une promo outrancière (grossière ?) est passée par là, laissant forcément un petit goût amer, il est vrai, vite oublié à l’écoute de ce disque. Sans rancune.
Arnaud De Vaubicourt - Copyright 2012 Music Story