Wagner, un cas à part dans la Musique.
A part par le caractère manichéen des jugements portés sur son oeuvre, l'inspiration pangermaniste admirée des Allemands durant la période nazie et l'idolâtrerie dont il est l'objet (de culte compte tenu de la notion de Pélerinage effectué à Bayreuth).
Bon soyons clair : j'appartiens au Club des Anti.
Ces opéras déclament, hurlent, écorchent (on dirait du Visconti dans sa période "Les Damnés" revisités par un feldwebel au moment du drill).
L'inspiration pangermaniste a nourri en profondeur le sentiment 'Volkisch' d'appartenance au sol par le sang et ce qui en a suivi (j'éviterai de parler ici de l'antisémitisme si courant que c'est un pléonasme de dire "Les Wagner antisémites"-Madame W. y a un rôle majeur).
Juste un arrêt-buffet : Wagner, Hegel, Fichte, Nietzsche et le totalitarisme dans sa version Diabolique soulève l'éternelle question de la "trahison des Clercs" (J. Benda). Au choix, la Liberté de Pensée (Locke, Voltaire, Diderot, Camus, Aron) ou les thuriféraires hagiographes (ce qui nous changera ici de la Hyène Dactylographe période stalinienne) à savoir du côté Rouge-Sombre de la Force (Aragon, Sartre, Daix et quelques reconvertis dns la NP-Nouvelle Philosophie)et du côté Noir les précités plus haut.
Et Jünger, me direz-vous ? ("Oui, et Jûnger?"). un cas des moins épineux en réalité d'abord par sa présence dans les tranchées (lui y va au moins...comme Camus dans la Résistance et Aron à Londres)et puis parce qu'après 1918 (terminus) il devient un pur Fasciste (le Soldat-Laboureur) inspirateur d'une philosophie néo-conservatrice qui croisera la route du Nazisme (qu'il récusera comme l'ont fait ensuite Von Stauffenberg,Rommel et quelques autres si tard que cela ne peut être imputé à décharge...) Donc la ligne de Partage est claire d'autant qu'il n'a jamais professé (à ma connaissance) un antisémitisme militant à la Céline, à la Brasillach ou la Drieu. Grand écrivain, Grand Témoin mais infréquentable au quotidien. Un homme qu'on peut lire (et relire) dont on ne serrera pas la main.
Revenons au sujet central ("tu polémiques, Victor"). Le seul aspect de la musique de Wagner qui n'emporte pas l'envie d'arrêter sont donc les Ouvertures et Préludes (ne serait-ce que pour leur caractère symphonique, l'expressivité des thèmes et l'exploitation de ce qui sera un leitmotive dans l'oeuvre). On regrettera l'absence de l'ouverture de "La Walkyrie". Klemperer est remarquable (as usual).
En conclusion, quitte à être Ringophile autant que ce soit en hommage à Ringo Starr et aux Fab Four.
P.S. : juste pour être sûr de me faire bien comprendre, j'ai fait mienne cette réplique de Woody Allen dans "Meurtre à Manhattan" (de mémoire pour le film) : "Quand j'entends du Wagner, cela me donne envie d'envahir la Pologne".