Si vous ne connaissez pas Wagner, achetez ce DVD ! Tannhäuser est le plus mélodieux des opéras du Maître, le plus traditionnel dans son découpage, le plus concis aussi. De suite, on se laisse prendre par cette musique envoutante, décrivant parfaitement les situations et les sentiments. La mise en scène respecte les indications du livret et nous donne une traduction évidente, quel plaisir !
La grotte du Vénusberg avec l'eau qui ruisselle nous enchante, mais c'est Troyanos qui nous émerveille. Déesse de l'amour, elle l'est avec ce timbre sensuel et cette présence séduisante (la jupe fendue, le regard, les caresses).
Cassilly n'a pas vraiment une belle voix. Il a cependant les aigus faciles et tient la distance sans vibrato intempestif. Le retour de Rome est hallucinant. Meurtri par son pélerinage, hagard, il est méconnaissable. Quel acteur!
E Marton est une Elisabeth délicate, amoureuse, passionnée (le "Haltet ein": 4 secondes!) à l'émotivité à fleur de peau (les larmes sur ses joues). Totalement incarnée.
B Weikl a un jeu convaincant même s'il semble passer à coté des subtilités de la poésie courtoise.
La grande salle de la Wartburg est somptueuse, très "grand spectacle" (défilés des bannières, trompettes sous les arcades).
Le final reste comme toujours extrèmement émouvant, et sur ce fond de vallon automnal, Levine adopte un tempo enlevé comme rarement entendu, l'espoir inoui est à portée de main pour qui sait croire: la crosse du pape refleurie est un puissant symbole dans une esthétique sans faille.
Coté chanteur, on trouvera mieux assurément. Ecoutez les cd de Bayreuth 1955 ou 1962. Avec Windgassen et Fischer-Dieskau (en 55 seulement) la leçon de chant est magistrale, insurpassée depuis.