Richard Wagner : "Tristan und Isolde", Pappano, Orchestra of the Royal Opera House, studio 2005, 3 CDs EMI plus un CD-ROM.
Je sais que ce commentaire va faire double ou triple emploi avec les deux autres, très complets, consacrés à ce coffret, mais je ferai court.
Direction engagée de Pappano, sans beaucoup d'états d'âme mais efficace, avec un orchestre qui sonne franc; une Isolde plus vengeresse qu'amoureuse (Nina Stemme), mais vocalement irréprochable; une Brangäne,(Mihoko Fujimura) qui, avec beaucoup de qualités, manque un peu de rondeurs vocales : on attend une nourrice maternelle et consolatrice, pas une copine de chambrée.
René Pape, lui, EST le roi Marke : stabilité, puissance, timbre, il a tout, avec l'émotion virile d'un roi jeune, pas d'un vieillard cacochyme, et la capacité d'ouvrir le tunnel que représentent souvent les plaintes du roi à la fin du II° acte.
En dehors de cela, ce qu'on attend,(et un peu au tournant, avouons-le !) c'est Domingo. A première oreille, comme on dit à première vue, on n'entend que les défauts, accent, élocution nasillarde, instabilité, manque de sensualité, puis on se souvient qu'en 2005, il a soixante quatre ans, et on remarque que le souffle reste puissant, l'engagement intact, que le vibrato est minime (à cet âge-là, c'est incroyable !), que le métier, un métier unique, supplée à tout, et on salue bien bas. De plus, on souhaiterait à bien des Tristan trentenaires (Ian Storey, Robert Gambill, Clifton Forbis et autres) d'avoir en partage les "restes" de ce sexagénaire.
Sans bouleverser, ni même ajouter grand chose à la discographie de Tristan, une version qui est à connaître.