Surpris de voir que ce disque remporte autant de suffrages d'excellence (largement majoritaires) et à l'autre bout du spectre un seul avis très négatif.
La vérité (si tant est qu'il y en ait une en matière de goûts musicaux, ce qui reste à démontrer) est probablement au milieu; trois étoiles donc, à accrocher à côté de la Lune jaune de cette pochette minimaliste tendance Petit Prince revu et corrigé par les petits hommes verts. Question musique, "Wait for Me" est bien sûr un chef-d'½uvre comparé à l'exécrable "Last Night", mais bon , pas de quoi casser trois pattes à un canard.
Moby hélas n'étonne plus du tout, les meilleures pistes genre spleen mélodique très plaisantes à l'oreille (exemple : JLTF, murmuré-ânonné-chanté par Melody Zimmer) ont une résonance affadie car l'effet de surprise des couches sonores du symphoniste-electronic wizard qui nous avaient chamboulé le c½ur et les oreilles avec "Play" et certaines pistes des albums suivants, s'est évaporé. Au mieux, les meilleures tracks semblent sortir de "Play" justement (mais d'un "Play" déjà mille fois entendu et rabâché), ou de "18" ou de "Hotel" (pour les plus "nerveuses", genre "Mistake" -une des plus solides compositions de l'album également).
Bref, dans l'ensemble "Wait for Me" est de l'assez bon Moby, honnête sans plus. Une seule surprise, le "Walk with Me", non pas en tant que piste exceptionnelle -elle ne l'est pas-, mais simplement parce qu'elle semble interprétée (on le jurerait!) par une revenante -la chanteuse auteur-compositeur des années 80 Toni Childs-, tant la voix et le phrasé lui ressemblent. Mais non : c'est une dame du nom de Leela James.
En résumé: si vous adorez le New Yorkais binoclard en amateur inconditionnel, vous adorerez "Wait for Me", mais si vous attendiez un peu plus de Moby, alors non, vous ne waiterez pas (plus jamais?) for him, en dépit du souhait exprimé sur ce disque.
1999 et "Play" sont décidément très très loins...