CHRONIQUE DE FRANCIS VINCENT MAGAZINE ROCK&FOLK MARS 1979 N° 146 Page 72
14° Album 1972 33T Réf : WEA 44203
Cloué dans une chaise roulante, Zappa a dû renoncer pour un temps aux tournées. Il opère alors un retour sur lui-même, comme à l'époque de Hot Rats (ceci n'en est-il pas le N°2 ?). Cet effort de réflexion aboutira avec
"Waka Jawaka" à de nouvelles orientations musicales : une musique plus sereine, de longues compositions pour orchestre élargi (en moyenne vingt participants), plus axées vers le jazz blanc des bigs-bands, permettant de fignoler la partition de chaque instrumentiste. D'aucuns diront lors de sa parution de cet album qu'il s'agit là d'une musique sans joie, pétrifiée. En fait Zappa semble se tourner vers une musique plus élaborée, explorant des univers sonores proches de Weather Report, tout en climats et demi-teintes, avec çà et là des ruptures découvrant de nouveaux paysages. "Waka Jawaka" comporte une formation réduite où se distinguent Sal Marquez à la trompette bouchée, et surtout Aynsley Dunbar qui pourtant n'officie pas dans un style qui lui est familier. La richesse prodigieuse de son jeu n'en éclate pas moins, froidement. Assurant sur ses caisses un tempo imperturbable et d'une précision extrême, Dunbar peut encore sur ses cymbales décorer et agrémenter des figures toujours nouvelles, dont l'anti-académisme souligne la modernité. La maturité d'Aynsley Dunbar : un atout de plus pour Zappa.