Originaires du Colorado, les cinq membres de One Republic sont des jeunes gens modernes, puisqu’ils ont bénéficié avec la chanson « Apologize » (2007) du plus grand nombre de téléchargements légaux réalisés sur le territoire américain. Et que, dans un élan de cross-over évident, le producteur Timbaland a achevé l’enfonçage de clou par un remix de la même. Depuis, le groupe a chanté un hommage aux soldats américains en opérations extérieures, et assuré la promotion de la chaîne télévisée HBO (ce qui, peut-être, revient exactement au même), tout en développant son sens des hymnes de trois minutes à reprendre en chœur.
Aujourd’hui, le groupe de Ryan Tedder (à simplement trente ans, le chanteur est blanchi sous le harnais, puisque artisan de la scène de Nashville et de New York, et compositeur de hit singles pour le compte de Leona Lewis, ou Jennifer Lopez) et du guitariste Zach Filkins (ils sont copains d’école), affrontent donc la redoutable épreuve du deuxième album, enregistré dans leur home de Denver.
Autant avouer qu’ils n’ont pas fait dans l’économie : orchestration pléthorique, cordes par containers, chœurs d’enfants, clins d’œil aux partitions pour le cinéma du généreux compositeur (dans la masse de ses harmonies) Danny Elfman, piano impérialiste, majestueuse chambre d’écho (on jurerait par instants entendre U2), alimentent les onze chansons (et deux bonus) du programme. C’est du rock adulte très vitaminé, parfois un peu emphatique, mais toujours mû et ému par une certaine philosophie de l’espoir, qui laisse accroire qu’après la chute, l’homme (au sens générique) finit toujours par se relever. Et les musiques fonctionnent exactement de la même manière : lorsque l’attention faiblit, qu’on suspecte le cliché, voire le spectre de la redondance, une idée de production, un gimmick sonore, permet de relancer la mélodie, de revitaliser le refrain. Ensuite, c’est à chacun de déterminer s’il accepte de pénétrer cet univers où, à la fin, ce sont toujours les cow-boys qui gagnent.
On ignore si cela constitue ou pas une bonne nouvelle, mais Waking Up est un vrai album, à l’usage de la planète, de rock américain. Comme les sandwiches, ou le quart d’heure.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story