Alors qu'aux Etats-Unis s'achève avec un succès très mitigé ( auprès la critique ) la première saison de The Walking Dead, le comic, au bout de treize numéros continue de (très) bien se porter.
L'arc précédent introduisait la bande de Rick dans une communauté trop belle pour être vraie où chacun restait sur ses gardes et réalisait l'abîme les séparant d'une vie normale.
La trame principale de la première histoire consiste pour Rick et Glenn à récupérer clandestinement leurs armes, formellement interdites au sein de leur nouvelle communauté. Quelle conséquence cette première infraction aux règles émises par ces habitants pacifistes ? La paranoïa de nos amis est elle justifiée ?
D'autre part, maintenant que Rick est le Marshall de cette communauté, comment va t'il réagir en apprenant qu'un homme, apparemment bien sous tous rapports, bat violement sa femme et son enfant ?
Kirkman, continue d'explorer la psyché de personnages d'un monde où la civilisation a disparu. Sous prétexte que notre monde est désormais envahi par les morts, est-il pour autant acceptable de prendre sa femme pour un punching ball ? Que faire des délinquants d'une société où la justice correspond à vivre ou laisser mourir ? Et surtout, comment Rick qui ne se remet pas de la mort violente de sa femme et sa petite fille va-t-il réagir face à un père qui maltraite sa famille au risque de les tuer ?
Sans vouloir gâcher le plaisir , disons que le résultat aura une répercussion sur tout notre groupe de survivants et amène le lecteur à se questionner sur l'empathie à avoir ou non envers notre héros .
Il se passe beaucoup de choses dans ce volume : le lecteur retrouve les interactions entre les personnages secondaires, dont le toujours attachant Glenn, qui manquaient aux histoires précédentes. On découvre l'identité d'un traitre au sein des amis de Rick. Et la relation entre Grimes et son fils Carl prend un tournant inédit. Ajoutez à celà une expédition risquée en centre ville infestée de Zombies rappelant la première histoire, et l'arrivée d'une nouvelle bande de brutes épaisses, armées jusqu'aux dents.
Ce volume arrive à nous surprendre également autour de la personnalité de Douglas, le leader de la communauté qui livre ici les secrets de ses habitants et remplace Hershell et Dale dans le rôle de la figure patriarcale. Inutile de dire qu'avec l'arrivée de notre héros tumultueux, Douglas voit son leadership totalement écorné et va devoir prendre les décisions qui s'imposent.
On ne s'ennuie donc jamais même si j'apporterais deux légers bémols. Tout d'abord, cet arc subit à quelques reprises quelques ellipses que j'ai trouvées maladroites. Ensuite, la couverture de Charlie Adlard pour illustrer ce TPB est certainement la plus laide de la série. Un mauvais point à ce sujet pour Image qui vient de commercialiser en volume indépendant les couvertures de la série, histoire d'exploiter la poule aux oeufs d'or...
Après 13 histoires formidables, The Walking Dead, continue d'exploiter avec talent son formidable potentiel appuyé par une écriture jubilatoire. Faîte d'effets miroirs faisant constamment écho aux (mes)aventures précédentes de nos héros , la série introduit constamment des doubles des personnages pour tester leurs interactions.
A se demander si TWD n'était pas en cela déjà une série Tv bien avant son adaptation au petit écran ....