Alors que la deuxième saison version série TV s'avère plus fidèle à l'oeuvre originale , TWD version comic garde le cap et c'est tant mieux !
Amateurs d'action , soyez prévenus ! Ce volume n'en contient pas ! Les Zombies n'apparaissent quasiment pas ! Par contre le lecteur retrouvera ce qui fait la force de la série : l'évolution psychologique des personnages , des dialogues réussis , des subplots alléchants.
Le volume précèdent voyait notre communauté survivre à un assaut de centaines de Zombies affamés. Rick Grimes a fait un choix détestable : pour sauver son fils il a sacrifié une femme et son enfant . En plus de cette culpabilité terrible , il doit rester au chevet de Carl entre la vie et la mort . Il réussit malgré cela à inspirer un lueur d'espoir à ses compagnons avec de nouveaux projets pour la communauté . Mais son leadership restera t'il incontesté ?
Encore une fois , Kirkman réussit à m'épater . Il réalise que les personnages secondaires font la force de la série et leur donne à chacun une trajectoire caractéristique . Lorsqu'un semblant de vie normale réapparaît , les rivalités et les mesquineries des personnages refont surface . La plupart des personnages prennent en fait la trajectoire inverse de Rick : alors que celui-ci réalise que la communauté est plus qu'un assemblage d'individus et que la survie dépendra de l'union des forces de chacun , des revendications séparatistes commencent à se faire jour . Avec des questions légitimes : sur quoi repose l'autorité de Rick ? En quoi serait 't'il décisionnaire d'une communauté qui le connaît à peine ?
Avec son héros , Kirkman réussit un tour de force de brosser intelligemment le portait d'un homme déchiré entre l'espoir qu'il suscite et les drames de sa vie intime qui l'ont brisé . Rick est devenu un paradoxe vivant ; lui qui avoue se sentir mort inspire la vie , lui qui admet vouloir flinguer tous ses opposants instaure un fonctionnement démocratique . Le lecteur oscille entre l'empathie et la crainte que ce personnage de plus en plus instable . A n'importe quel moment , notre héros est susceptible de basculer dans la folie . Son fils et ses amis sont sa dernière soupape de sécurité . Jusqu'à quand ?
Dans ce volume , c'est la magnifique Andréa qui supporte notre héros jusqu'au coup de théâtre final . Les personnages réalisent qu'entre deux crises , ils n'ont jamais pris le temps de se connaître . Des alliances ,des conspirations, des liaisons vont se faire et se défaire . Car TWD est également un soap de qualité qui en creusant l'humanité des personnages avec ses bons et mauvais penchants permet d'entretenir la curiosité du lecteur et de les pleurer lorsqu'ils meurent .
Charlie Adlard est égal à lui même . Ses décors sont dessinés à la va vite , mais sa principale qualité est de choisir des angles intéressants et dynamique pour les très nombreux dialogues de la série. Avec ses belle trames de gris , Rick apparaît tantôt comme extrêmement vulnérable et parfois très inquiétant.
Kirkman présentait son projet comme un film d'horreur qui ne se terminerait jamais . Si les 15 prochains volumes sont effectivement de cette qualité , je suis preneur !