Oliver Stone (65 ans entre-temps), l'Yves Boisset américain, revient un bon quart de siècle après à Wall Street et ce à l'heure de la crise des subprimes évidemment en faisant sortir de prison pile au bon moment l'ardent Gordon Gekko-Michael Douglas (67 ans aujourd'hui), qui a profité de son séjour derrière les barreaux pour écrire un livre qui va se vendre comme des petits pains et lui permettre de refaire surface en donnant aussi des conférences autour de l'ouvrage en question.
Comme sa fille (l'anglaise Carey Mulligan, vue dans 'Orgueil et préjugés', 'Une éducation', 'Public ennemies' et 'Brothers') l'a rayé de sa vie suite au suicide à l'époque de son frère dont elle le rend responsable, Gekko profite du fait que son petit ami (Shia LaBeouf -quel nom quand même !-, Henry Jones dans le dernier 'Indiana Jones' en date et bien sûr le principal interprète -humain en tout cas- des 'Transformers') ait pris contact avec lui à l'occasion justement d'une séance de signature de son livre, pour essayer de renouer avec celle-ci. Comme son éventuel futur gendre est également un acteur de Wall Street et qu'il cherche à se venger de son actuel employeur (l'infâme Josh Brolin, aux faux airs de Pierce Brosnan, vu dans 'No country for old men', 'Planète terreur', 'Dans la vallée d'Elah', 'Harvey Milk' et 'True grit'), responsable du suicide de son ancien mentor (Frank Langella, qui s'était fait connaître en 1979 en 'Dracula' sous la direction de John Badham), Gekko le conseille...
Avec aussi Susan Sarandon (la mère de Shia), Oliver Stone lui-même, Eli Wallach (qui va bientôt fêter son premier centenaire) et même Charlie Sheen (qui fait une apparition-éclair en souvenir du bon vieux temps).
Le film aurait pu être un film engagé sur l'actuelle dérive des marchés financiers et la catastrophe qui pourrait en découler, mais cet aspect des choses n'est malheureusement qu'esquissé dans ce long-métrage (2h10mn) sentimental qui raconte avant tout l'histoire du personnage que joue Shia et bien sûr la tentative de Gekko que de renouer avec sa fille (ou plutôt avec les affaires ? ou les deux ?), ce qui en fait un film mineur dans la filmographie d'Oliver Stone dont la 'lame' s'est quand même pas mal émoussée avec l'âge. Dommage : le rendez-vous est un peu manqué, d'autant plus qu'il y a désormais pléthore de films et de documentaires pertinents sur le sujet.
Quel est le but : faut-il changer le monde ou plutôt se contenter de gagner du fric ? Être un idéaliste ou un capitaliste ? Comment gagner en perdant ? Mais qui se préoccupe de morale quand le bateau coule ? Les impayés des crédits à l'immobilier pourris furent comme les premières gouttes de l'orage qui s'annonce. La situation est affreuse, donc place aux affreux !