CHRONIQUE DE HERVE PICART MAGAZINE BEST JUILLET 1978 N°120 Page 83
5° Album 1978 33T Réf : Asylum WEA 53081
Un Aigle nous revient en solitaire. Bien qu'étant entré dans le clan fortuné des Eagles, Joe Walsh n'a pas pour autant renoncé à sa carrière solo, déja riche de quatre magnifiques albums (sur ABC). L'ancien guitariste de James Gang prend donc régulièrement ses distances vis-à-vis des Aigles, pour enregistrer des albums comme ce fascinant
"But seriously, folks..." qui lui permettent de déverses le trop plein de créativité et d'énergie d'un caractère porté à l'action. Admirablement produit par Bill Szymczyk, le sorcier des Eagles, entouré par un groupe brillant où, l'on retrouve des musiciens aussi intéressants que Joe Vitale, son vieux complice, Jay Ferguson, l'ancien Spirit, Willi Weeks, épaulé par tous ses amis les Eagles (présents sur l'un ou l'autre morceau), Walsh a réalisé une nouvelle splendeur qui se place dans cette optique californienne où les Eagles ont si bien réussi ; sur un fond de traditionnels lointains, l'on fait la dentelle électrique, avec une sorte de relaxation magnifique qui donne un grand délié et un appréciable naturel à une production qui bénéficie pourtant de toute la sophistication, de toute la richesse bourgeoise d'un certain rock américain parvenu à une sorte de plénitude. Aucune brutalité, aucune agressivité ne traverse ce disque, et pourtant, sous le soleil de cette musique, l'énergie est bien présente. Walsh est un fameux riffeur, ses escapades à la slide débordent de vitalité, son tempérament de guitariste de combat perce à tout instant. Seulement, Walsh est aussi un compositeur extrêmement raffiné, qui joue avec l'énergie, la balance, la retarde, la sertit dans de magnifiques écrins où elle peut prouver le comble de son efflorescence. Il faut voir comment ce diable d'homme retravaille le reggae, fort présent dans ce disque, pour en faire une épopée musicalement sophistiquée, mais en gardant cependant toute la magie primitive de ce rythme chaloupé . Tout Walsh est là : esthète jusqu'au bout des ongles, il sculpte sa furia pour en faire un joli édifice qui vibre dans l'inimitable ivresse de l'air californien. Pareil joyau, qui se situe loin des évidences musicales d'une époque qui court tout de suite à l'essentiel ou au stéréotype, mérite toute votre attention : il est l'émanation d'un art de vivre musical d'un exceptionnel raffinement.
.
.
BESTOP JUILLET 1978
- 1° "And Then ThereWere Three" Genesis
- 2° "Van Halen" Van Halen
- 3° "Long Live Rock'n'Roll" Rainbow
- 4° "Téléphone" Téléphone
- 5° "Draw The Line" Aerosmith
- 6° "Saturday Night Fever" Bee Gees & Divers
- 7° "Peter Gabriel" Peter Gabriel
- 8° "Point Of Know Return" Kansas
- 9° "London Town" Wings
-10° "Please Don't Touch" Steve Hackett