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Deux ans à peine après le carton de
Kaleidoscope, coup d'essai, coup de maître de Kelis surnommée "Thunder Bitch" par le rappeur emprisonné du Wu Tang, Ol' Dirty Bastard, la harpie de Harlem, ouvre le deuxième chapitre de ses aventures discographiques. Si Mrs. Kelis Rogers aborde
Wanderland avec moins de rancur, oublié l'effet vitriol de "I Hate You", son addiction en technicolor aux rythmes funk millésimés 70 ne se dément pas. Reine en son royaume disco-funk-pop-rock-soul, elle frotte son R'n'B à tous les râteliers, aidée dans son entreprise excentrique par le duo gagnant des Neptunes, producteurs turbulents du gratin hip-hop. Propulsée par la soul synthétique, les guitares rock et les sirènes hurlantes du single "Young, Fresh n' New", Kelis attaque sur son terrain, celui des dancefloors, la suprématie du "Get Ur Freak On" de Missy Elliott. Car, dans la catégorie divas soul où se côtoient la truculente Missy, Jill Scott, Macy Gray ou Erikah Badu, Kelis maintient sa réputation. Sensuelle et hybride.
Wanderland, un album brut en surface, tout doux à l'intérieur.
--Sabrina Silamo
Technikart.com
Crise de N.E.R.D. Aux commandes deWanderland, Kelis synthétise la soul du futur
Les laboratoires du secteur electronica ont fermé boutique, reproduisant indéfiniment le même album depuis 1995. Dès lors, où prospecter des nouveaux sons ? On le répète une dernière fois : dans le néofunk moite des productions R&B. En tête de peloton, on trouve Kelis, de nouveau épaulée sur son second album Wanderland par les producteurs Pharel Williams et Chad Hugo, alias The Neptunes, alias N.E.R.D. Viennent également compléter le casting, No Doubt, le rapper Terrar, et un membre des bourrins Korn. Comme sur son précédent Kaleidoscope, on dénombre deux titres énormes (ici, "Young, Fresh n'New", le premier single, et le minimaliste "Daddy"), une poignée de bizarreries intéressantes ("Easy Come, Easy Go", "Get Even", ou les deux morceaux cachés à la fin du disque) et, autour, une bonne dose de guimauve indigeste ("Shooting Stars", "Mr. U.F.O. Man"…).
Outre la voix sucrée-sexy de la princesse de Harlem, la claque vient évidemment de la production des Neptunes, héros de l'année. Entre carambolages rythmiques piochant autant dans la rigidité drum'n bass que dans la chaleur du dancehall jamaïcain, sirop de violons synthétiques (pour la touche glamour), inspiration funk 80's et minimalisme gangsta rap, la paire Hugo-Williams dégotte un alliage charmeur. Seule grosse faute de goût : "Perfect Day", et son imbuvable riff de guitare funk rock, certifié stadium, poing levé et canette de Kro. Pour le reste : la soul d'aujourd'hui, on vous le radote. --Johan Girard