Si ce disque surfait à l'époque sur la hype créee autour du personnage sulfureux de Grace Jones, il serait bon de le comparer aux disques hype de maintenant pour constater que les Scissor Sisters, bien qu'étant Funky en diable, n'ont rien inventé. Grace Jones, avec 20 ans d'avance, reprenait déjà des chansons à l'origine tout sauf dansantes pour les passer à la moulinette disco et en faire des tubes de club. Là ou les soeurs ciseaux font une tête au carré à "Comfortably Numb",Grace Jones s'attaque à des oeuvres aussi variées que "Love Is a Drug" de Roxy Music,"Private Life" des Pretenders ou encore "Pars" de Jacques Higelin!! La production de Sly & Robbie octroie à ces reprises un son étincelant, entre disco et reggae, et fait résonner la voix si particulière de Grace dans cet habit futuriste pour l'époque. La Dame ayant l'habitude d'endosser de la haute couture,elle ne semble guère impressionnée et déclame ses textes avec une froideur distante; célébrant ainsi le mariage païen du disco de Donna Summer avec la musique de l'époque grossièrement qualifiée de "cold wave".La seule chanson à ne pas être une reprise apparaît comme la meilleure de l'album. Il s'agit de "A Rolling Stone", perle de disco/cabaret au son préfigurant bien des tubes à venir. Après cet album, Jones en enregistrera encore 2 autres avec le duo Jamaïcain, dans un laps assez court,prouvant ainsi son mépris de la hype et son envie d'enregister. Peu de groupes "branchés" actuels peuvent se targuer de se détacher ainsi de la hype qui les entoure. Ainsi, Warm Leatherette, si il est aujourd'hui devenu un classique au même titre qu'un disque de Prince, prenait à l'époque le contrepied du disco hédoniste et dévoué à ne vivre que quelques mois sur les dancefloors - genre dans lequel miss jones s'était spécialisée - ouvrant ainsi la voie à la pop pour nombre d'artistes black.Ils préfèreront inventer le hip hop...