The way of all flesh ou de la tripaille en veux-tu ? En voilà !
Même si le son Gojira est bel et bien là, le côté brut de décoffrage mis en avant m'a vraiment interpellé aux premières écoutes. Ils nous délivrent un son metal brutal américanisé, efficace, moins alambiqué et imaginatif qu'à l'accoutumée. En toute honnêteté, depuis le départ Gojira reste à mes yeux, un groupe qui au fur et à mesure de leurs pérégrinations a toujours agréablement surpris par son ingéniosité, sa façon de surprendre avec ses expérimentations, que ce soit musicalement, visuellement, et même humainement.'
Alors oui, l'album est moins singulier, plus percutant, plus évident, mais c'est une orientation voulue, assumée et naturellement amenée. Cet album est le fruit d'une expérience faite sur de longues tournées dans ces contrées lointaines. Le groupe avait envie de jouer sur scène des morceaux plus percutants pour privilégier les échanges avec le public. Cette démarche implique donc indéniablement cette orientation plus brute. A mes yeux, elle connaît son apogée dans l'album avec la présence du chanteur Randy Blythe de Lamb of God sur Adoration for None, un morceau un peu caricatural estampillé metal brutal mais loin d'être une boucherie. Nos landais gardent quoiqu'il advienne une finesse singulière. Et même si d'autres morceaux permettent de contrecarrer cette tendance comme The silver cord ou le final de l'album avec The way of all flesh qui nous délivre une mélodie vaporeuse, j'ai comme la sensation que je préfère quand même Gojira quand ils ont du temps pour composer car il y a aussi les délais qui ont été très courts pour cet album. Donc moins de retouches, de réflexions après composition. Ceci explique peut-être aussi cela.
Côté paroles et univers, cet album reflète un moment marquant pour le groupe. Et si la thématique abordée est la mort, ce n'est pas pour rien. Attention, la mort pas dans une optique morbide, mais plutôt dans une configuration de cycles, d'étapes, de continuité. D'ailleurs, même si ce n'est pas voulu, on est surpris de revoir un corps humain sur un fond noir, petit clin d'½il inconscient apparemment au premier album Terra Incognita. Ma curiosité me pique et je me demande vers quelle nouvelle ère le groupe va-t-il nous amener alors, la prochaine fois ? Oui toujours aussi spirituels nos petits landais ! D'ailleurs petite anecdote, Joe évoquait sa déception quant à la conception de l'album qui n'a pu cette fois-ci se faire avec du papier recyclé. La notoriété grandissante du groupe n'entache pas leurs engagements, c'est tellement rare, que j'avais envie de le mentionner.
Côté live, c'est indéniable, les tournées les ont encore métamorphosés, mais jusqu'où iront-ils ? Le concert est spectaculaire, et cet album sur scène est une bombe. Pas de doute. J'aurais beau user de verve, et autres jolies formulations poétiques pour expliquer leur show, jamais vous ne saurez tant que vous ne les aurez pas vus « en vrai ».
Vous l'aurez compris, dans cette discographie, ce dernier opus n'est donc pas mon préféré. Ceci dit, n'allez pas me faire dire ce que je n'ai pas dit ! Cet album est bon, même très bon, par ailleurs je sens déjà les critiques se dénouer et je vais passer pour la mauvaise langue de service, car ils ont tout de même osé des orientations pas faciles d'accès, comme des effets sur la voix (chant vocodé) sur A sight to behold qui est de loin mon morceau préféré ! Ca ne plait pas à tous, mais c'est exactement ce que j'aime dans ce combo quand ils s'éclatent comme ça, et qu'ils osent.
BRAVO A EUX !!
Alors quoi ? Vous ne l'avez toujours pas acheté cet album ? Mais que diable attendez-vous donc ?