Comme quoi, le succès tient parfois à peu de choses. En 1979, les quatre soeurs Sledge, qui végètent dans le rythm'n'blues de seconde division, ont le même label (Atlantic) que les nouvelles stars de la Black Music US, le groupe Chic. Dont les leaders, Bernard Edwards et Nile Rodgers, se voient « offrir » par Atlantic les quatre soeurs pour un 33 T, ce « We are family ». Les deux hommes écrivent, produisent et jouent sur tous les titres, amenant dans leurs bagages le reste de Chic (Tony Thompson, Norma Wright, ...) et quelques guests (Luther Vandross, ...).
Evidemment, avec une telle équipe, les bombes disco sont là (« He's the greatest dancer », « We are family », « Lost in music »), ainsi malheureusement que quelques guimauveries plus dispensables. Et les Sister Sledge, là-dedans ? Le doigt sur la couture du pantalon, elles vocalisent du mieux qu'elles peuvent sur les beats métronomiques de la Chic Organization. Cependant, Edwards et Rodgers n'étant pas des imbéciles, ils ont su garder leur meilleurs titres pour les disques de Chic, ce qui fait qu'il n'y a pas sur ce « We are family » un de ces hits colossaux que l'on trouve sur leurs albums.
Ce qui n'empêchera pas « We are family » d'être un gros succès aux States. Et le monde découvrira les talents de producteur de Nile Rodgers (Edwards s'occupant dorénavant de la partie « business » de leurs travaux communs). Certaines stars mondiales obtiendront leurs plus gros succès commerciaux en le recrutant (Bowie pour « Let's dance », Madonna pour « Like a Virgin », ...). Même notre Sheila nationale fera appel aux services des Chic pour son come-back disco (« Sheila B Devotion ») qui sera un échec, le seul de la carrière d'Edwards et Rogers. Mais faire swinger Sheila, c'était rejouer « Mission Impossible »...