"Les grands espaces - Big Country" est un western de William Wyler (1958-2h45).
Scénario : James R. Webb, Sy Bartlett, Robert Wilder et Donald Hamilton (d`après son roman). Adaptation : Jessamyn West et Robert Willer.
Photo : Franz Planer / Musique : Jerome Moross / Montage : Robert Belcher et John Faure.
Casting : Gregory Peck (James McKay), Jean Simmons (Julie Maragon), Caroll Baker (Patricia Terrill), Charlton Heston (Steve Leech), Burl Ives (Rufus Hannassey), Charles Bickford (Major Henry Terrill)...
Synopsis : James McKay (Gregory Peck) ex-capitaine de la marine, dont il vient de prendre sa retraite, vient dans l'Ouest rejoindre Patt Terril (Carroll Baker) sa fiancée. Mal accueillit par le contremaitre du ranch Terril, Steve Leech, qui est secrètement amoureux de Patt. James, à son corps défendant, va se trouver mêlé au conflit qui oppose son futur beau père, le major Henry Terril (Charles Bickford) à ses voisins Hannassey. Rufus Hannassey (Burl Ives) espère obtenir la terre de Julie Marangon (Jean Simmons), l'institutrice, qui posséde le seul point d'eau de la région...
William Wyler (1902-1981) né en Alsace, qui était sous occupation allemande depuis 1871. Il émigre aux Etats-Unis en 1920, il a 18 ans. Il commence sa carrière de réalisateur en 1925 après avoir occupé plusieurs petits métiers du cinéma comme tous ceux de son époque, le grand John Ford avait fait de même, il s'est formé sur le tas. Sa carrière de réalisateur commence avec 30 westerns d'affilées de 1925 à 1929. C'était l'époque des petits films extrêmement courts et vite mis en boite. En 1930, "Tourmente" est son premier western un peu plus étoffé (1h20) suivront ensuite : 1940 "
Le Cavalier du désert VF (The Westerner) [VHS]" et en 1956 "
La loi du seigneur (Version originale sous titrée en français)" tous les deux avec Gary Cooper, son dernier western sera en 1958 "Les grands espaces". Il arrête de tourner en 1970. Il aura réalisé 71 films (dont 30 très courts à ses débuts) en 45 ans de carrière. Il décèdera le 27 juillet 1981 d'une crise cardiaque.
Le film "Les grands espaces" est une épopée conçue à la manière des grandes réalisations qui se voulait grandiose, pour rivaliser avec les plus célèbres d'entre-elles : "
Autant en emporte le vent - Édition Collector 2 DVD", "
Géant - Édition Collector 2 DVD", "
Le Vent de la plaine", "
Duel au soleil" ... Le but était difficile à atteindre, surtout vis-à-vis de l'inaccessible "
Gone With The Wind [Blu-ray] [Import anglais]", même si "
The Big Country [Import anglais]" est un grand film, il me semble difficile de comparer les deux. Toutefois les magnifiques et grandioses décors naturels sont évidemment à porter à son crédit, ainsi que la musique qui en est l'indispensable complément, sans oublier la photo qui retranscrit en images la magnificence des paysages. Wyler ayant très souvent su s'entourer des meilleurs professionnels dans chaque discipline. La musique de Jerome Moross qui a parfaitement intégré le côté monumental du film a écrit une symphonie majestueuse qui colle parfaitement bien dans les séquences panoramiques. La photo est également d'une très belle qualité d'images sauf dans les prises de vues nocturnes où il y a quelques faiblesses dues au Technirama.
William Wyler affectionne le grandiose, le spectaculaire en s'appuyant sur des cadrages et des profondeurs de champs ainsi que des panoramiques qui mettent en valeur les immenses espaces. C'est ce côté mégalo qui déplait souvent à ses confrères et aux critiques professionnels mais il faut reconnaitre que c'est l'un des réalisateurs les plus titrés de la grande époque hollywoodienne. Neuf nominations et surtout trois Oscars du meilleur réalisateur (Films :
Mrs Miniver [Import USA Zone 1],
Les Plus belles années de notre vie et Ben-Hur) Palme d'or du festival de Cannes pour "La loi du seigneur". Pour "Les grands espaces" il va également donner le meilleur de lui-même car c'est dans sa nature. Les personnages sont "fouillés" et bien définis. Patricia Terrill, qui a su capter l'attention et les sentiments de McKay qui n'est qu'une fille à papa. Steve Leech, le contremaitre jaloux et amoureux dédaigné de Patricia qui devient donc l'ennemi du beau capitaine. Le major Terrill qui n'est qu'un obsédé de violence envers les Hannassey et ceux-ci ne pensent qu'à nuire aux Terrill. Tout ça pour le cours d'eau essentiel pour qui veut élever du bétail. D'où l'importance que revêt le terrain de la belle Julie. Chaque personnage est décrit avec précision par le réalisateur qui les manoeuvre avec habileté en s'efforçant de maintenir la pression, le suspense et la part d'ombre de chacun. Filmé en Technirama, une variante du Technicolor, les couleurs dans les séquences nocturnes manquent de luminosité mais pour le reste c'est un bon choix.
Conclusion : Un très beau film qui restera dans les annales des grands westerns même si tout n'y est pas parfait.