Une suite à Welcome To My Nightmare.....là, on peut dire que le Coop' est gonflé. C'est un peu comme si les Stones nous sortaient Back To Main Street ou Let It Bleed Again. Enfin bref, quand Alice annonçait qu'il allait donner une suite à un de ses plus grands albums (cela après des années d'albums bien ficelés, mais parfaitement ignorés de tous sauf ses fans les plus fidèles), effectivement comme ça a déjà été dit, ça sentait la catastrophe. Heureusement, notre croque-mitaine préferé a quand même prit soin mettre tous les avantages de son côté: tout d'abord, Bob Ezrin (producteur des premiers-et meillieurs-albums d'Alice, sans parler de chefs-d'oeuvres comme Destroyer de Kiss, Berlin de Lou Reed ou carrément The Wall de Pink Floyd) est de retour, pleinement réhabilité dans son rôle de producteur-musicien-compositeur associé. Ensuite les guests, que ce soit dans la composition ou l'interprétation, sont nombreux, judicieux ou franchement audacieux: Kei$ha, Desmond Child, Patterson Hood, Rob Zombie (le petit frère).....et puis, la cerise sur le gâteau, Michael Bruce, Dennis Dunaway et Neal Smith, les trois autres survivants du Alice Cooper Band (oui, avant d'être artiste solo, Alice Cooper était un groupe, un des meilleurs, et c'est d'ailleurs avec eux qu'Alice a fait ses meillieurs albums, Welcome To My Nightmare excepté) reviennent accompagner leur ancien chef de gang pour trois morceaux. L'affiche est donc plus qu'alléchante, mais dans la pratique, ça donne quoi? Et bien, titre par titre,
I Am Made Of You: l'histoire commence avec notre héros (est-ce le Steven qui apparait réguliérement dans la discographie Cooperienne ou Alice lui-même? Disons Steven) dans une sorte de prière angoissée. Le morceau reprends la partie de piano de Steven pour une ambiance atmosphérique à souhait. Malgrès quelques effets modernes, c'est une excellente introduction.
Caffeine: Steven flippe à l'idée de s'endormir et subir un autre cauchemar, donc il utilise tous les moyens possibles pour rester éveillé. Là, c'est du gros hard rock bien rapide, pas loin de ce qu'Alice fesait dans Trash, mais moins léché. Très bon.
The Nightmare Returns: Steven a perdu, il s'endort et nous savons tous ce qui va suivre. Un petit interlude bien sinistre et angoissant, petite comptine qui s'écrasse sous les guitares lugubres. Trop court, vu la qualité.
A Runaway Train: Steven se retrouve dans un train lancé à pleine vitesse, sûr de se crasher. Alors là, ça devient vraiment sérieux: une espèce de Mystery Train d'Elvis sauce hard rock seventies: rapide, mélodique, hargneux et onirique. Quelque part entre Raped And Freezin et Generation Landslide, ce titre aurait pu figurer sur Billion Dollar Babies. C'est bon à ce point-là. Pas un hasard, d'ailleurs: le groupe original signe ici son retour.
The Last Man On Earth: Après le crash du Runaway Train, Steven s'apperçoit qu'il est le dernier survivant sur terre....et que la situation ne lui déplait pas (dommage pour lui, les applaudisements à la fin lui font réaliser son erreur). Cette-fois, on est en plein dixie jazz, une réussite totale pour ce titre qui rappele l'Alice qui se permettait des Some Folks, Always Chasin Rainbows ou autres Blue Turk.
The Congregation: Steven s'apperçoit que non seulement il n'est pas le dernier homme sur terre, mais qu'une foule de personnages plus que bizzares l'obsèrvent et l'invitent à les rejoindre. Un autre hard rock avec un petit côté inquiétant qui rappele presque l'enchainment Devil's Food-Black Widow (avec Rob Zombie dans le rôle de Vincent Price), pas tout à fait aussi sinistre, mais quand même excellent.
I'll Bite Your Face Off: une des créatures de la congréation s'approche de Steven pour lui faire du pied, mais de façon assez agressive. Un hard rock de plus, cette fois plus stonien mais on sent de nouveau que le vieux Cooper gang (celui de l'époque Killer) résucite la magie seventies.
Disco Bloodbath Boogie Fever: les nouveaux potes de Steven l'embarquent en boite de nuit, mais Steven a du mal avec la musique et fini par fusiller tout le monde. Alors là, premier excerise casse-gueule: Alice rappe sur une espèce d'accompagnement techno. Ca marche bien dans le contexte de l'histoire, mais faut pouvoir encaisser. Le titre fini quand même en gros rock-presque-metal bien énervé.
Ghouls Gone Wild: Après avoir fait un massacre en disco, Steven se retrouve à la plage pour une beach party avec des zombies en pleine décompostion. Un titre hard rock qui reprend les couplets du Summertime Blues de Cocheran avec un arrangement à la Beach Boys. Gonflé comme mélange, mais c'est incroyablement accrocheur.
Something to Remeber My By: Steven chante une jolie ballade à une zombie sûrement déjà putrefiée. Le duo Alice Cooper-Dick Wagner nous ressort ici une de ces ballades dont ils avaient l'habitude dans les seventies (Only Women Bleed, I Never Cry, You And Me). On aime ou on aime pas, mais c'est de ce niveau.
When Hell Comes Home: Sûrement un vieux cauchemard qui revient à Steven (qui n'a décidément pas eu une enfance facile): il se revoit en gosse battu, avec sa mère battue, tous deux terrifiés par le pater familias alcoolo et sadique.....jusqu'à ce que le gosse lui tire une balle entre les yeux. Dernière intervention du groupe original, cette chanson nous rappele les chefs-d'oeuvre théatraux de l'époque dorée, genre Dwight Fry, Dead Babies, Killer ou I Love The Dead. Encore une fois, c'est vraiment bon à ce point-là.
What Baby Wants: Steven fini par se retrouver face-à-face avec le diable....qui se trouve être la chanteuse pop Kei$ha. Bon, j'adore Alice et je respecte le fait qu'il tente de nouvelles choses, mais nous balancer un titre genre dernier tube de Britney Spears avec quelques guitares pour nous rappeler où on est.....enfin bon, chacun son avis, mais arrivé à ce stade du disque, j'éspérais plutôt un nouveau Steven (la chanson). Un peu déçu, personellement.
Gotta Get Outta Here: Steven en a marre, il veut se reveiller. Seul petit problème (à la fin du titre): les fantômes qui l'accompagnent lui font remarquer que ce n'est peut-être pas un cauchemard. Un petit contry-rock bien balancé avec un côté Drive-By Truckers (Patterson Hood a co-écrit le titre, justement), très bon et un final bien humour noir. J'achète.
The Underture: Le génerique de fin. Un medley de differents titres piqués aux deux albums Nightmare. Superbement agencé et interpreté.
Mes impressions arrivé à la fin de l'album: Alice n'est pas passé loin de l'album parfait ce coup-ci. En fait, quand il disait en promo que ce Welcome 2 My Nightmare était un de ses cinq meilleurs albums, il n'était pas loin de la vérité, mais à condition de ne compter que les albums solo. Dans ce cas, oui, c'est un des cinq meilleurs avec le premier Nightmare, From The Inside et The Last Temptation (pour les deux autres, choisisez parmis ceux qui vous semblent faire l'affaire, je viens de citer mes trois préférés). Mais il reste le carré d'as Love It To Death-Killer-School's Out-Billion Dollar Babies. Et la qualité bluffante des trois titres enregistrés avec son ancien groupe me font penser que, maintenant qu'Alice a donné une suite à son meilleur album solo, un Billion Dollar Babies 2 avec l'ancien groupe et Bob Ezrin aux mannettes pourrait nous offrir un chef-d'oeuvre miraculeux.