Un riff comme la Terre qui gronde. Cette fois on y est. Bienvenue à la Vallée du Ciel, titre magnifique pour le sommet absolu du groupe de Palm Desert, et du rock stoner en général. Trois suites de guitares grasses et répétitives, de rythmique qui pèse trois tonne et qui pourtant s'élève dans les airs. Une chape de plomb, écrasante, à peine percée par la voix puissante de Garcia, à son meilleur. La première suite, la plus expérimentale, nous ballade des secousses sismiques de « Gardenia » jusqu'au caeur d'un magma bouillonnant dans « Asteroid », avant de finir en apothéose hypnotique. La deuxième est propulsée par un « 100° » explosif qui s'effondre d'un coup net pour laisser la place à une ballade acoustique poussiéreuse et lumineuse, « Space Cadet », magnifique. Elle s'achève avec « Demon Cleaner », un des plus beau morceau du groupe, où les riffs recuits de Josh Homme répondent à la voix de Garcia tout en retenue. La dernière suite n'est qu'une succession d'éruptions, on les attendais, à commencer par une « Odyssey » qui nous invite à dégringoler le long de la montagne avant de se faire rattraper par l'incendie. Une puissance phénoménale qui s'atténue au fur et à mesure qu'on redescend, dans la vallée probablement, qu'on atterrit tout en douceur à la fin de « Whitewater », où la rondeur de la basse de Scott Reeder accompagne les dernières notes de guitares et nous caresse le visage, comme un peu d'air frais, finalement. Le rock tellurique, dans toute sa splendeur. La dernière piste prouve au passage que Kyuss ne manque pas d'humour non plus.