Découvert et banalisé comme beaucoup via des hauts parleurs reliés à un ordinateur de bureau, j'ai d'abord écouté le nouvel album d'Anathema d'une oreille distraite. Les premières écoutes se sont avérées décevantes. J'ai compris que le groupe avait changé, que le Anathema que j'avais adoré sur Alternative 4 n'était plus. J'ai fait ce 'deuil' que A Natural Disaster, le précédent album datant de 7 ans, pourtant très bon, ne m'avait pas permis de réaliser. Puis intrigué par des critiques dithyrambiques, j'ai opté pour une version physique de la chose, via une chaine hi-fi et au casque. Et les écoutes se multipliant, j'ai découvert en ce disque des trésors dissimulés jusqu'alors. Track by track façon Arche de Noé atmosphérique...
Intense. ''Thin Air'', intense et mélodique à la fois, tout Anathema résumé en somme. Un pont aérien en plein milieu histoire de magnifier la chose avant la montée en puissance. ''Summernight Horizon'' enfonce le clou. Morceau magistral, puissant, Anathema atteint la perfection. La voix féminine de Lee Douglas en renfort, son pont aérien à nouveau avant reprise tranchante. Probablement l'un des tous meilleurs titres du groupe, la claque. Quel début d'album!!!
Doux. Changement de cap radical avec ''Dreaming Light'', d'une douceur extrême. Mélodie pop sucrée, presque simpliste de prime abord, mais qui révèle surtout une sublime émotion, grâce à une orchestration fine et un chant divin. C'est juste beau. ''Everything'' est encore meilleure, Lee chante à nouveau (elle est créditée comme membre à part entière du groupe dans le livret, à juste titre puisqu'elle n'apparait plus seulement sur un seul titre comme avant). Anathema dévoile ici un côté positif assez inédit et franchement excellent.
Atmosphérique. ''Angels Walk Among Us'' rappelle le passé 'doomesque' avec son intro à la Eternity. Ville Valo y fait une (discrète) apparition. Le titre est lié à ''Presence'', doux instrumental avec spoken words trippants puis final avec Lee qui reprend le 'Only you...' du titre précédent mais de façon plus mélancolique.
Porcupinien. On ressent (trop?) ici l'influence de Steven Wilson, sur le chant typé des couplets de ''A Simple Mistake'' qu'un beau refrain et surtout une montée en puissance magistrale toute progressive sur la seconde partie viennent (heureusement) magnifier. Je ne suis pas un grand fan de Porcupine Tree et ''Get Off Get Out'' s'en inspire encore plus. Dommage.
Grandiose. La claque est encore plus grande lorsqu'on ne s'y attend pas. Ce ''Universal'' comme pic émotionnel symphonique qui, suite à un break au piano, se transforme en déluge musical grandiloquent. Assurément l'un des grands moments du disque. Splendide final avec ''Hindsight'', quasi instrumental qui prolonge le sentiment de bien être provoqué par le titre précédent. La grande classe.
We're Here Because We're Here comme une évidence. Un chef d'oeuvre qui intronise Anathema dans la cour des grands. Que dire de plus? Que cet album est parfait du début à la fin. Que l'atmosphère qui y règne est unique. Que tout y est beau, subtil.
A acheter (et à écouter) les yeux fermés...