C'est qu'il a le diable au corps ce David plantier ! Pour vous en convaincre, écoutez son violon extrême au second allegro de la sonate no 4. Absolument démentiel !!! Plantier s'est faufilé un peu partout dans des ensembles prestigieux (Café Zimmermann, Le Concert des nations, l'Ensemble 415...) pour finalement fonder, notamment, son ensemble Le Plaisir du Parnasse. Il se hisse, à mon avis, parmi les meilleurs violonistes baroques du moment. Certains le comparent à Manfed Kraemer; je suis presque de cet avis.
Ce disque merveilleux, consacré à Westhoff, bénéficie d'une prise de son extraordinaire à tout point de vue; rapprochée à l'extrême, d'une clarté et d'une présence rarement entendues, elle sert admirablement bien le jeu sublime et virtuose des interprètes. Parfois complètement soufflé et abasourdi par des tourbillons d'archets extrêmes; ou surpris et conquis par l'usage savant et subtil d'un violon qui pousse l'audace à mettre en valeur l'idée d'imitation! ( sonate no 3 «Imitation delle Campane»). Le violon peut être joué en pizzicati, tenu comme un instrument à cordes pincées, ou tisser une trame harmonique avec des arpèges aux dissonances très audacieuses. Un moment fort, et tellement inattendu, est celui ou la forme de l'oeuvre permet à l'archiluth de donner l'exemple au violon, qui tente ensuite de l'imiter. Et que dire de l'ébouriffante Sonate no 1 qui clôt le programme avec des allegro/adagio complètement déjantés.
Un disque rare, surprenant à maints égards, avec des musiciens extrêmement doués, qui prend la première place parmi mes nouveautés baroques de 2004-2005.