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4.0 étoiles sur 5
Black album, 19 avril 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : White Light / White Heat [Remaster] (CD)
Sauf erreur, le second Vevet Underground est le premier disque à se présenter sous une pochette totalement noire. Il faut dire que le contenu musical se serait mal accommodé d'un visuel rose bonbon.
Nico (l'« emmerdeuse » comme la surnommait le toujours aimable Lou Reed) a quitté le navire et les quatre rescapés vont sortir un des albums les plus jusqu'au-boutistes de toute l'histoire du rock, une agression sonore frontale de 40 minutes. Seuls le morceau-titre (devenu une des reprises favorites de Bowie sur scène) et « Here she comes now » ressemblent à du rock pour le premier, de la pop pour le second.
Quant au reste, de la stéréo idiote de « The gift » (instrumentation lancinante sur un canal, voix parlée monocorde sur l'autre), au tsunami sonique de « Sister Ray » (17 minutes de solo vrillés de tous les instruments), il y a de quoi rebuter l'auditeur lambda. Mais cette furie sonore n'est que la suite des expérimentations menés sur « Black angel death song » et « European son ») les deux derniers morceaux du disque précédent.
« Velvet Underground & Nico » était par des bien des aspects dérangeant. « White light / White heat » est lui volontairement choquant et contient en germe le propos musical de centaines de groupes à guitares saturées. C'est ce qu'il convient d'appeler un disque de référence.
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Wild side, 12 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : White Light / White Heat [Remaster] (CD)
White Light/White Heat , sorti au début de l'année 68 , est le deuxième album du Velvet Underground . Il est , après le premier , dans un genre plus radical , un autre coup de maître . C'est mon préféré , celui qui a le bon goût , cette fois , de nous éviter Nico ( elle devait être contente Maureen ! nous aussi , little drummer girl ! ) et surtout d'ouvrir les esprits , de nous emmener un peu plus loin dans le tunnel ...
Après cet album , pour le groupe et la musique qu'il incarne , plus rien n'est pareil : John Cale le pur , part , Bowie croit qu'il a compris ce que rock veut dire et Lester Bangs décide d'écrire après avoir entendu "Sister Ray" ... Le rock and roll est sauvé !
De quoi ça parle ? Comme toujours avec le Lou Reed de cette époque , tout reste plus ou moins ambigu et les pistes sont multipliées par les doubles et faux sens ou les références crypto - littéraires : sexe , changement de sexe , exhibition ? ( "Lady Godiva's Operation" ) drogue ( "White Light White Heat" ) cruauté innocente , sado masochisme ? ( "The Gift" ) homosexualité , travestissement , schizophrénie ? ( "Sister Ray" ) ... Il n'est parfois pas si utile que cela de comprendre tout . La musique du groupe , souvent répétitive , parfois stridente , saccadée par les petits coups de baguettes nerveux de Moe Tucker ainsi que le phrasé traînant de Lou suffisent à nos avidités émotives quand on aime le rock and roll un peu aventureux .
Ce bruit qui faisait fuir la plupart des gens sensés de leur époque ( le groupe jouait toujours très fort ) c'est de la poésie des cavernes urbaines , avec des histoires de sexe , de violence , de sang et de came .
Pour Lou , pas très lucide sans doute ( ou trop ? ) tout s'allégorise : sa seringue , c'est aussi sa femme qui n'est pas exactement une vraie femme ( la pas très claire "Sister Ray" ) sa guitare ? pareil : sa femme ( "Here She Comes now" ) la violence , c'est la musique salutairement maltraitée , et le sexe , c'est le sang ( "The Gift" ) etc , etc ... Finalement , ce qui reste clair , dans cet album plus précisément , c'est la volonté du Velvet de faire du bruit , de dépasser le ronron du schéma rock ambiant afin d'éviter les compromissions ( de l'autre côté de la lumière , il y a les hippies et leurs fleurs du Bien ) . Ils donnent la parole aux guitares , établissent les nouvelles bases d'un rock and roll trash , plein de larsen , de distorsion ( "I Heard Her Call My Name") et d'improvisation de haute volée , avec en prime l'orgue ( de Cale ) amplifié comme une gratte pour le fantastique "Sister Ray" qui sur scène pouvait durer jusqu'à deux fois plus longtemps que la version originale ( 17 minutes x 2 = ... heu ... ah oui , quand même ! ) .
Lou Reed était un peu patraque à cette époque et il laisse parfois le crachoir à un John Cale à la voix encore juvénile . Le Gallois assure le récitatif sur "The Gift" ( une nouvelle écrite par Reed sur les hommes qui ne sont parfois pas des cadeaux ) et "Lady Godiva's Operation" à l'allure tranquille , soudain polluée par la méchante voix de canard lubrique de l'auteur ( sa façon de dire "sweetly" est un pur bonheur de perversité ) qui surgit comme un coup de pistolet dans un concert .
Cette volonté de briser les enchantements pour le plus grand plaisir des cancres que nous sommes , on la retrouve dès le premier titre "White Light White Heat" démarré bille en tête , scandé plus que chanté . Et tout au long de l'album ou presque , Lou Reed assure ( épaulé par l'autre guitariste , Sterling "over there" Morrison ) la plupart des solos à rallonge ( toujours un peu à côté de la plaque ) avec la mission de flinguer tout ce qui pourrait ressembler à de possibles jolies chansons . C'est l'album du No Beauty , un album punk ! A New York , tout est toujours un peu sale ... on le sait bien .
Album sans grand succès , mais à l'influence énorme ( tous les titres ont été repris et ont déclenché parfois des vocations ) il a donné envie à bien des personnes plus ou moins estimables de se frotter à cette radicalité sonore ou thématique . Des Américains ? Ah oui ! ... Iggy Pop et les Stooges , les Modern Lovers de Jonathan Richman , Suicide , The Dream Syndicate , Sonic Youth ... des Anglais ? Mouais , si on veut ... Bowie , Buzzcocks , Joy Division , Marc Almond , des punks aussi ... des Français ? Ah non , je ne peux pas être à ce point menteuse ou cruelle ! J'ai tant de péchés déjà à me faire pardonner ...
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