L'Afrique, un pays indéterminé, la guerre civile, une plantation de café presque à l'abandon : à cause de la guerre, tous les ouvriers sont partis pour éviter d'être massacrés ; une femme seule résiste (Isabelle Huppert) : elle tient absolument à ce que la récolte se fasse encore ; face à son beau-père qui est en train de mourir, à son ex-mari (Christophe Lambert) qui voudrait vendre la propriété avant qu'il ne soit trop tard et à leur fils (Nicolas Duvauchelle) qui a perdu la tête après avoir été violemment agressé par des enfants, elle ne cède pas un pouce de terrain, trouve quelques ouvriers, recueille un leader rebelle (Isaac de Bankolé, qui joua déjà dans 'Chocolat', le premier long-métrage de Claire Denis sur son enfance au Cameroun), mais n'en voit pas moins son monde s'écrouler envers et contre tout : l'Afrique change, se débarrasse de son 'white material', repart à zéro dans la violence et le sang, c'est ce que l'on appelle un accouchement.
Soyons clairs : tout ce qui est dit et montré dans ce film relève bien sûr des stricts faits qui ne cessent de se produire de par le continent noir entier et a donc une sorte d'intérêt documentaire ; par contre, Claire Denis (fille d'un ancien administrateur colonial et qui a vécu dans plusieurs pays d'Afrique autrefois et qui sait donc de quoi elle parle), nous plonge dans les affres de la décolonisation (il s'agit de tuer 'le père', donc les blancs) avec son style à elle, un peu particulier, qui nous vaut un film un peu 'métaphysique' qui distille incontestablement un certain ennui ; le même sujet traité d'une façon un peu plus conventionnelle aurait certainement su emporter tous nos suffrages, mais là et vu les quelques films autrement plus percutants que nous avons pu voir ces dernières années sur la confusion qui règne en Afrique ('Hôtel Rwanda', 'Le cauchemar de Darwin', 'Johnny Mad Dog', etc.), le film de Claire Denis ne fait clairement pas le poids ! A réserver aux inconditionnels du cinéma introspectif !