Une attaque cardiaque et une opération à coeur ouvert font apercevoir l'autre rive d'un peu trop près à Everlast, l'ex dur à cuire de House of Pain. Revenu, ou presque, d'entre les morts, il propose en solo un étonnant mélange entre un hip-hop hardcore et minimaliste, et des guitares acoustiques et des mélodies très americana. Dès le début, la couleur, blanche, assez inusité dans le hip-hop, est annoncée, et le très bon "Money (Dollar Bill)" pourrait faire croire qu'Everlast en reste à son hip-hop de mauvais garçon friand de pognon et de b*tches. Erreur. Les sublimes "Ends" et "What It's Like", guitares acoustiques sur fond de beats très roots et quelques samples, changent la donne : des histoires tragiques, à la portée sociale, croquée avec une écriture directe et sèche et délivrée par la voix rauque et le flow primaire d'Everlast, qui se métamorphose en quelque chose approchant plus d'un vieux bluesman. "Get Down", sur la même voix, mais plus hip-hop dans l'âme. On y revient d'ailleurs, clairement, avec des pièces très minimalistes "Tired", "Praise the Lord" ou plus cinématographique, "Painkillers". Les tentatives de fusion avec le métal ("Hot to death") ne prennent pas vraiment, mais d'autres surprises fonctionnent à merveilles comme "Funky beat", comme son nom l'indique, ou le sentimental et très confessionnel "The Letter", sur sample de piano en boucle. Album un peu long, mais la deuxième moitié contient son lot de perle, "Today (Watch Me Shine)", reprenant la formule guitares/beat/sample, et le jouissif "7 Years", jazzy en diable avec ses cuivres. Pour finir sur du hip-hop, très logiquement, et un très moral et conscient "Next Man", qui résume bien le ton du nouveau Everlast.