Un enfant d'une douzaine d'années nu et abandonné en plein bois et capturé par des hommes, puis ramené à la vie dite "civilisée". Un médecin très intéressé par ce cas très particulier va décider pendant un moment donné de l'élever, de l'éduquer et de lui procurer les bases essentielles que tous êtres apprend à connaître et à améliorer depuis son arrivé sur terre pour avoir de l'autonomie et se débrouiller sans aucunes aides. Se tenir droit en marchant, s'habiller, se laver, manger avec des couverts... Quelques réussites, beaucoup d'echecs, des découragements et une limite atteinte inévitablement. Mais, à l'arrivée, un enfant capable de communiquer même sans la parole, d'aimer, de s'attacher et de s'ouvrir à une nouvelle vie. Le film de Truffaut est un vibrant cri d'espérance et de confiance que toutes personnes vivante mérite l'accès à la connaissance et à la culture afin d'enrichir son enracinement dans l'existence. Le petit sauvage dans la forêt baignait dans une absolu liberté, mais privé des richesses intellectuelles de la société le faisant immerger dans un monde d'épanouissement fort et passionnant. Et n'aurait il pas fini par succomber en étant d'une telle vulnérabilité ? Le jeu tout en retenu de l'acteur-réalisateur et l'impressionnante performance d'un Jean Pierre Cargol magnifique renforce la véracité de cette histoire authentique. Le choix du noir et blanc, plutôt rare à l'époque en ancre plus solidement encore son aspect historique. La méthodique retranscription des étapes de l'éducation du sauvageon sont fait avec une telle passion et un tel souci de vérité qu'elle offre au spectateur le plus grand des contentements. Le regarder s'épanouir, s'émerveiller, s'amuser, être fasciner n'élude aucunement les frustrations et les peines éprouvées. Le scénario efface délibérément la suite. L'enfant quittera le docteur à seize ans pour être placé dans un institut spécialisé. Il restera jusqu'a son décès à la charge de la société. Se relèvera inapte à subvenir lui même à ses besoins. Il mourra très prématurément à quarante ans. Tout cela n'est pas dans le long métrage. Truffaut s'en tenant uniquement à la période de l'apprentissage avec comme tout message de ne laisser personne dans une totale ignorance et d'aller au bout des limites de la transmission de la connaissance. Respectable et admirable !