Après l'album solo de Corin Tucker, les deux autres tiers de Sleater Kinney sortent également de leur torpeur musicale(toute relative pour la batteuse Janet Weiss) pour former un nouveau super groupe de filles rock'n'roll, Wild Flag.
L'excitation est bien sûr à son comble mais l'album n'est pas à la hauteur de mes attentes, loin de là.
Wild Flag s'écoute il est vrai sans déplaisir et réussit même parfois (mais trop rarement) à faire grimper la tension, à nous embarquer avec lui, à susciter un léger enthousiasme. Pas plus. Le plus souvent, il est assez convenu, ne sachant se démarquer ni par la qualité des compositions, ni par une quelconque "radicalité", ni par ses sonorités.
Le plus gênant au fil des écoutes demeure pour moi la production: très efficace, très classique, très commerciale, très déstabilisante. Ca sonne énorme, quand j'aurais souhaité un matériau plus brut et plus intime, plus sauvage. Le patronyme du groupe ment, la sauvagerie est ici domptée, la liberté engluée dans le confort d'un son amical et banal.
Quelques riffs de guitare emballants et la voix de Carrie Brownstein ne suffisent hélas pas à masquer la déception ni à donner un autre statut à cet album que celui d'une parenthèse anecdotique et vite oubliée.