Ecouter les Unicorns, c'est un peu comme boire un litre de sirop contre la toux, gambader stupidement jusqu'au square, y retrouver son pote la licorne en train de squatter sous le toboggan, faire quelques batailles de pouce, pour ensuite voler un paquet de jambon sous vide au supermarché et de jouer au frisbee avec les tranches dans une salle de cinéma avant de manger une barre chocolatée entamée trouvée dans le bac à sable. C'est courir après des pigeons qui ne sont pas là, c'est torturer un synthé pour enfant quand les piles en phase terminale lui font jouer l'agonie, c'est collectionner son mucus dans des capuchons de stylo, c'est un collier de nouilles vraiment hideux devant lequel on est sincèrement en extase, c'est boire de la limonade avec le nez, c'est regarder un épisode de Derrick la tête en bas, c'est idiot, c'est jouissif, c'est infantilisant, c'est triste, c'est crade, ça n'existe pas, ça a existé un peu, ça venait de Montréal, ça n'a pas duré longtemps, ça s'est consumé en plein vol, avant de devenir autre chose, comme
Islands, qui procure une joie nettement moins intense.
C'est ce que la pop indé aurait dû être à jamais...