William « Turner » Walton est né en 1902 à Oldham, Lancashire (UK). Il entra à l'âge de dix ans dans l'école des choristes de la cathédrale Christ Church d'Oxford, où il restera de 1912 à 1918, et fut ensuite admis au collège Christ Church d'Oxford. Parallèlement, il étudia l'écriture en autodidacte, par la lecture et l'analyse d'oeuvres de Claude Debussy (1862-1918), Jean Sibelius (1865-1957), d'Albert Roussel (1869-1937) et d'Igor Stravinsky (1882-1971), et reçut les conseils de Hugh Allen (1869-1946), éminent chef d'orchestre et organiste de la cathédrale. En 1919, William Walton écrivit sa première oeuvre importante, un « Quatuor pour piano et cordes », qui sera joué au Festival de la Société Internationale de Musique Contemporaine en 1923 et, en 1929, Paul Hindemith (1895-1963) créa son « Concerto pour alto » aux « Promenades Concerts » de Londres. Il est mort en 1983 sur l'île d'Ischia en Italie, où il avait élu résidence en 1949. Parmi ses oeuvres majeures, on peut noter « Five Bagatelles » pour guitare, une Passacaglia pour violoncelle seul, une Sonate pour violon et piano, deux Quatuors à cordes, un Quatuor avec piano, une « Sinfonia Concertante » pour piano et orchestre, une Concerto pour violon, un Concerto pour alto, un Concerto pour violoncelle, une Partita, un « Capriccio burlesco », les « Variations sur un thème de Hindemith » et les Suites « Façade » pour orchestre, deux Symphonies, deux Opéras, « Troilus and Cressida » et « The Bear », la musique de ballet « The Quest », écrite pour Frederick Ashton, l'Oratorio « Belshazzar's Feast », la Marche « Crown Imperial », écrite pour le couronnement de George VI, un Te Deum et la Marche « Orb and Sceptre », écrits pour le couronnement d'Elizabeth II, une Missa Brevis anglicane et « Jubilate Deo », des oeuvres pour choeur a cappella, des Mélodies, ainsi que des musiques de film, en particulier pour « Henry V », « Hamlet », « Richard III » et « Three Sisters » de Laurence Olivier.
Le Concerto pour alto, le premier des concertos pour instrument à cordes composé par Walton, fut écrit, à la suggestion du chef d'orchestre Sir Thomas Beecham, pour l'altiste anglais Lionel Tertis, ce dernier étant largement à l'origine du regain d'intérêt pour l'instrument en tant qu'instrument soliste. De façon étonnante, son destinataire refusa de le créer, le trouvant "trop moderne", et c'est Paul Hindemith (1895-1963), compositeur et altiste émérite, qui en assura la première en octobre 1929 à un Concert Promenade, sous la direction de Walton ; par la suite, Tertis reconnut que ce concerto était l'un des grands chef-d'oeuvres écrits par Walton, et le joua en de nombreuses occasions. Le Concerto s'ouvre sur un très beau thème, mélancolique et nostalgique, exprimant parfaitement l'âme de l'alto, et le mouvement tout entier, en dépit de séquences plus animées, est d'un caractère fondamentalement introverti. Suit un court scherzo débordant de vie, qui introduit le troisième et dernier mouvement ; celui-ci, après une culmination harmonique et rythmique superbe et ample, se résout en un rappel du thème initial de l'oeuvre.