Voici donc la seconde Experience Edition (après celle consacrée à Dark Side Of The Moon -
The Dark Side Of The Moon (Experience Edition - 2 CD)) et elle est assez logiquement consacrée à Wish you Were Here, le second pilier de la trilogie imparable Dark Side/Wish/The Wall. A noter que l'Experience Edition de The Wall (
The Wall (Experience Edition - 3 CD)), n'est pas attendue avant février 2012.
Mais revenons à celle qui nous intéresse aujourd'hui...
Le premier CD est consacré à l'album original, ce fabuleux album datant de 1975, mon année de naissance... Et quel disque, quelle claque !!!
Mais est-t-il encore bien nécessaire de le commenter ?
Allez, en quelques lignes, pour les nouveaux terriens ou ceux qui auraient passé les 40 dernières années sur Mars ou dans un abri atomique : ça commence par les 5 premières parties du planant et apaisant Shine On You Crazy Diamond. Les parties 6 à 9 se chargent de terminer l'album avec un total d'un peu plus de 26 minutes. Welcome to the world of progressive rock ! 26 minutes de pur bonheur, sans aucune longueur, sans superflu... Pour tout vous dire, à chaque fois que j'écoute ce titre, un sentiment de plénitude et de félicité m'envahit... Du solo introductif de Gilmour, aux claviers suspendus de Wright, en passant par la basse bien ronde de Waters et la batterie tout en retenue de Mason, tout ici est indispensable et remarquablement enregistré et produit.
Le titre est écrit en hommage à Syd Barrett, ex-leader des Floyd, débarqué en 1968 car devenu ingérable en raison de ses nombreuses addictions et problèmes psychologiques.
Pendant l'enregistrement du titre à Abbey Road, le 5 juin 1975, un type se pointe dans le studio, paumé et hagard. Personne ne semble le connaître alors qu'il s'agit de... Syd Barrett en personne. Bouffi, le crâne rasé, il est méconnaissable même pour ceux qui ont été ses amis et compagnons de route pendant des années. Des témoins de la scène affirmeront même que des larmes ont coulé sur les joues de certains Floyd ce jour-là...
Mais revenons à l'album... Viennent ensuite les deux titres les moins connus du disque, ce qui n'en fait pas pour autant des titres au rabais. Welcome To The Machine d'abord, avec son motif métallique répétitif et aliénant, illustrant à merveille le titre de la chanson.
Vient ensuite le moment de déguster Have A Cigar, son riff de guitare addictif et son rythme syncopé. Vraiment un excellent titre pas assez souvent mis en lumière à mon sens.
Et c'est enfin Wish You Were Here qui démarre avec sa fameuse intro de guitare électro-acoustique jouée par Gilmour. La ballade est magnifique, la mélodie éternelle, la chanson parfaite...
Avec la reprise de Shine On You Crazy Diamond évoquée plus haut, ça fait un album de seulement 5 titres, mais quels titres !
La production est assurée par le groupe et c'est du grand art. Le tout n'a pas pris une ride, même après 36 ans de rotation sur les platines. Et honnêtement, tout comme pour Dark Side, cette énième remasterisation n'était pas franchement indispenable... La dernière en date, en 1997 me semble-t-il, étant déjà très satisfaisante. Mais bon, business is business...
Venons-en au second CD, contenant les inédits de longue date annoncés et tant attendus par les fans de la première heure.
Ca commence par trois titres live tout bonnement INDISPENSABLES, enregistrés à Londres en 1974, soit un an avant l'entrée en studio des Floyd pour mettre l'album en boîte. Peut-être ont-ils déjà été proposés sur des bootlegs (je ne suis pas particulièrement adepte des bootlegs) mais pour ma part, leur découverte en 2011 me remplit de bonheur. Shine On You Crazy Diamond, certes amputée du solo introductif de Gilmour, brille de mille feux, dans une version quasi intégrale d'anthologie. En fait, tout était déjà là, bien en place, dès 1974 et la version studio de 1975 n'y apportera pas grand-chose de plus...à part le solo de gratte introductif, donc...
Raving And Drooling n'est autre qu'une première version de Sheep qui apparaîtra 2 ans plus tard sur Animals (
Animals (Discovery Edition)). Là encore, 12 minutes sans aucune longueur avec un son canon. La transe n'est plus très loin...
You've Got To Be commence par quelques accords de guitare acoustique et s'envole ensuite pour 18 minutes de digressions floydiennes. La basse de Waters est inventive, les claviers de Wright envoutants, la guitare de Gilmour stratosphérique et la batterie de Mason qui n'en fait jamais trop.
Que de trésors cachés... Que l'attente a été longue mais, finalement, bien récompensée.
Les 3 inédits studio ne sont pas inintéressants : Wine Glasses rappelle furieusement l'intro de Shine On You Crazy Diamond. J'ai un peu plus de mal avec Have A Cigar livré dans une version alternative, très proche de l'originale. Mais il faut dire que j'ai du mal avec les versions alternatives, en général... Celle de Wish You Were Here constitue cependant une petite curiosité puisqu'intégrant la participation de Grappelli au violon.
Voilà, c'en est fini pour cette Experience Edition de Wish You Were Here. Un regret de taille, qu'elle n'ait pas été incluse dans l'intégrale Discovery récemment éditée (
Intégrale Pink Floyd Studio Catalogue (Discovery Edition - 14 albums - 16 CD)), tout comme Dark Side et The Wall. Le fan que je suis en est donc réduit à acquérir le coffret contenant les éditions Discovery de ces 3 albums, mais également les éditions Experience pour accéder aux inédits. A ce niveau de vice, c'est plus du commerce, c'est du racket !
En revanche, je ne tomberai pas dans le panneau des éditions Immersion à près de 100 euros l'unité... Pas plus de bonus audio que dans les éditions Experience, juste quelques goodies et de pauvres bonus vidéo selon moi bien dispensables : pas de concerts filmés, juste les visuels projetés durant les concerts de l'époque et des versions audio sur support vidéo tout autant superflus.
En conclusion, que l'on soit novice ou fan du Floyd, il faut se précipiter sur l'Experience Edition de Wish You Were Here, tout comme sur celle de Dark Side Of The Moon.
Fan du Floyd de longue date, j'envie ceux qui viennent à ces albums aujourd'hui. Quel bonheur ce doit être de les découvrir. Pour ma part, je les connais par coeur mais en 2011, c'est toujours un plaisir immense de les déposer sur ma platine, de les écouter en boucle en me disant... ben que le rock, c'était vraiment mieux hier... Quant aux Floyd, on réalise qu'on aimerait vraiment qu'ils soient encore là...