Oubliez le jazz, oubliez le classique, abandonnez tous vos repères. Albert Ayler vous catapulte dans une autre sphère, une autre galaxie. Impossible de juger sa musique selon les critères habituels, il les remise tous aux archives d'une histoire poussiéreuse. Free ? Oui, peut-être, et encore. Quant on compare Ayler aux autres apôtres du free jazz, on voit bien que ce monsieur évolue dans autre dimension, que le "free" n'est pas pour lui un but en soi, que ce monsieur-là ne cherche tout simplement qu'à s'élever, monter, monter et monter encore, piétinant sans rage mais bien sauvagement tout ce qui a pu se produire avant lui - et même, tout ce qui pourrait bien naître après lui.