Si les Byrds ont marqué l'histoire du rock, c'est à Gene Clark qu'ils le doivent principalement. Il était l'âme des Byrds. Si Roger McGuinn donnait l'impression d'avoir les clefs du camion, il n'en est pas moins vrai que Gene Clark en était le GPS. Sans lui, les Byrds ont parfois erré. Les Byrds justement. Gene Clark vient de les quitter pour des conflits intérieurs (1966). Pour éviter de gamberger et assurer la croûte, il lance rapidement un premier album solo, baptisé Gene Clark With The Gosdin Brothers. Si l'on connaît Clark, on connaît moins les frangins Gosdin, Vern et Rex, interprètes, à l'époque, d'un mélange de bluegrass et de country-rock qui n'a jamais vraiment trouvé preneur, et que Chris Hillman (Byrds) a côtoyés un certain temps (The Golden State Boys), avant de rejoindre les Byrds. De Chris Hillman, il en est encore question sur cet album de 1967.Il figure en bonne place sur With The Gosdin Brothers, au même titre que Michael Clarke, que Clarence White (encore des Byrds), Leon Russell, Jerry Cole, Bill Rinehart, Glen Campbell (des requins de studio) et Doug Dillard, avec lequel Gene Clark collaborera sur deux albums (The Fantastic Expedition... et Through The Morning, Through The Night). Alimenté par de très agréables mélodies pop et d'incontournables morceaux de country-rock, folk-rock, l'album s'appuie sur les travaux d'un Gene Clark (Harold Eugene Clark pour l'état-civil) qui coiffe plusieurs casquettes (chant, écriture, musique et leader), travaux qui ne souffrent en aucun cas, de la comparaison avec ceux des Byrds. Comme ce fut le cas avec ce génial compositeur, ses albums (hormis White Light et No Other) n'ont jamais connu le grand succès. With The Gosdin Brothers n'échappe pas à la règle, sorti, sous le même label, en même temps que le Younger Than Yesterday des Byrds (mars 1967) et dans à une époque très concurrentielle (l'année 1967) pour le rock. Commercialement, ce fut un bide retentissant. Pas pour l'aeil avisé et expert des critiques. Heureusement que le temps et les rééditions réinstallent l'église au milieu du village. Tous les mérites de cet album ne lui seront attribués que longtemps après. A titre posthume. A l'instar de beaucoup d'illuminés que l'on appelle aussi « génies », Gene Clark est passé à côté de la notoriété, vraisemblablement toujours arrivé trop tôt. C'est le cas de ce LP de février 1967 (Columbia), inspiré par le Rubber Soul des Beatles, sur lequel l'on retrouve les frérots Gosdin aux chaeurs et duquel émargent les So You Say You Lost Your Baby, Echoes, Think I'm Gonna Feel Better, , Keep On Pushin, Is Yours Is Mine, Elevator Operator. Bien ficelé, ce disque ne peut pas ne pas rappeler les Byrds, dont il ne s'est finalement pas éloigné, musicalement parlant. L'écoute est des plus agréables, malheureusement trop courte. Le country-rock peut se targuer d'avoir gardé au secret des albums de cet acabit.