La carrière d'Harrison Ford n'est pas avare en bons films et celui-ci fait à mon avis partie des tout meilleurs. Réalisé par le compétent Peter Weir, c'est un polar sobre, intelligent, porté par une intrigue solide et baignant dans une atmosphère atypique mais très convaincante. Nominé pour huit Oscars, il en remporta deux, dont celui du meilleur scénario original.
L'histoire se déroule en Pennsylvanie en 1984. Parce qu'il a fortuitement assisté à un meurtre impliquant des policiers de Philadelphie, Samuel, 8 ans, devient une cible à abattre. Chargé d'enquêter sur le susdit meurtre, John Book, un flic "réglo", prend alors l'enfant sous sa protection et, de fil en aiguille, s'intègre à la communauté Amish dont il est issu...
John Book, c'est bien sûr Harrison Ford, alors au sommet de son charme viril. L'oeil de velours, la tignasse en bataille, le torse puissant et la conscience irréprochable, il campe son personnage avec beaucoup de talent. D'abord déconcerté par le mode vie Amish, il s'y accoutume peu à peu, découvrant ou redécouvrant avec un plaisir enfantin les joies simples de l'existence: traire une vache, couper du bois, planter un clou...
Du coup, la partie centrale du film est assez lente, mais c'est une lenteur pleine de sens, jamais ennuyeuse, et qui permet surtout d'explorer avec finesse les rapports entre Book et la mère de Samuel, Rachel, superbement interprétée par Kelly McGillis.
Dieu sait qu'il y avait là de quoi nous servir une histoire d'amour sirupeuse à souhait, avec violons et tralalas. Eh bien, que nenni! Peter Weir nous la joue subtile. Emotions contenues. Regards éloquents. Silences pudiques. Gestes ébauchés. J'aime beaucoup, entre autres, la scène où Book surprend Rachel à sa toilette, à moitié nue. Pendant une bonne minute, voire deux, ils ne font que s'entre-observer, ni lui ni elle ne prononce un mot, et pourtant tout est dit...
Un grand moment de cinéma!