Belle ambiance gothique pour cet hommage aux mythiques productions d'antan : tout y est : le vieux château mystérieux, la sombre forêt, les inquiétants gitans, la légende du monstre, la belle, la bête, et le sang qui coule à flots.
Remake d'un vieux film d'Universal de George Waggner (scénario de l'excellentissime Curt Siodmak) datant de 1941 (71mn) avec Lon Chaney Jr., cette nouvelle version est d'une part assez différente de par ses développements et d'autre part nettement plus longue (près de deux heures dans sa version 'director's cut') et bien sûr et surtout, elle bénéficie des effets spéciaux d'aujourd'hui.
L'histoire est assez simple : Lawrence Talbot (Benicio Del Toro), le fils prodigue, revient au château familial après bien des années et ce à la demande de la fiancée de son frère (Emily Blunt, l'héroïne de 'Victoria ou Les jeunes années d'une Reine') : celui-ci ayant disparu, celle-ci s'inquiète ; sur place, il retrouve son père (Anthony Hopkins) toujours aussi mutique qu'autrefois ; son frère ayant été retrouvé mort, mis en pièces par une incroyable bête sauvage, Lawrence décide de rester et de traquer cette bête, en fait un loup-garou ; il finit par se retrouver face à elle et manque de peu d'être tué ; il survit, mais, grièvement blessé par le monstre, il est désormais condamné à se transformer à son tour en loup-garou.
Du château de la campagne anglaise au Londres du XIX°siècle, le tâcheron Joe Johnston illustre l'affrontement des loups-garous sans génie, ni poésie, mais avec suffisamment de savoir-faire pour que nous passions un bon moment fantastique à défaut d'un fantastique bon moment.
Hugo Weaving, qui fut le principal interprète du parfait 'V pour Vendetta' et Géraldine Chaplin dans le rôle d'une gitane (il fallait y penser) complètent la distribution du film.
Les effets spéciaux de maquillage sont dus au formidable Rick Baker qui avait fait renaître le genre en 1981 avec 'Le loup-garou de Londres' et 'Hurlements', deux classiques. Quant à Benicio Del Toro, il s'est fait dans ce film la tête (et même son maquillage de loup-garou en est très proche) d'Oliver Reed dans 'La nuit du loup-garou' du britannique Terence Fisher pour la Hammer en 1960.
Rien à dire de plus de ce sympathique film de loup-garou qui, grâce à quelques effets spéciaux gratinés, réussi quand même à nous faire presque un peu peur par moment. C'est déjà ça !