Un soir de déplacement professionnel, il y a quelques années, je me suis retrouvé par hasard dans un bar où se produisait un groupe de revival seventies . Le groupe devait s'appeler les "Space Cakes" (tout un programme !) et ne jouait que des reprises de Led Zep, Black Sabbath, Deep Purple....Le chanteur était vraiment très bon et les musiciens, derrière, assuraient comme des bêtes. Bref, ce soir là, je n'ai peut-être pas vu "le futur du Rock 'n' Roll", mais j'ai passé une sacrée p----n de bonne soirée que je ne suis pas prêt d'oublier !
Et bien Wolfmother c'est pareil ! n'en déplaise aux fanas du rock dodécaphonique et autres joyeusetés inécoutables, une bonne petite plongée dans le passé de temps en temps cela ne fait pas de mal et peut même être foutrement jouissif. Nos amis australiens ont donc décidé, pour notre plus grand plaisir, d'ouvrir le Hard Rock Cookbook et de nous mitonner aux petits oignons un album gorgé de riffs seventies du plus bel effet. Certes ce n'est pas très original, mais c'est diablement bien fait. On remue la tête, et les cheveux que l'on n'a plus, dès le premier morceau et l'on ne tarde pas à empoigner son air guitar favorite pour exécuter un solo d'anthologie sous le regard médusé de son petit dernier....
L'effort est d'autant plus méritoire que la tâche n'est pas si aisée qu'il y parait. Pondre un album seventies réussi en ce début de XXIème siècle implique de se confronter aux grands anciens Page, Plant, Gillan, Blackmore et consorts, sans tomber dans le plagiat ou la parodie. Beaucoup ont essayé et se sont magistralement plantés. On se souvient de Darkness, il y a quelques années, groupe au succès éphémère tellement porté sur la caricature qu'ils en devenaient presque plus ridicules que Spinal Tap !
Wolfmother lorgne, comme cela a déjà été écrit, du coté de Led Zeppelin et de Black Sabbath pour les influences les plus évidentes, mais je rajouterai une pincée de Mountain ("Mississippi Queen") et un soupçon de Cactus ("Evil"). L'intro de "Joker and the Thief me rappelle aussi furieusement quelque chose mais quoi ???...(j'ai trouvé ! l'intro de "baba o Riley" des Who !). Le résultat au final est plus que convaincant et la suite (l'oeuf cosmique) n'est pas mal non plus.
Bref, tout ça pour dire que voilà un album qui devrait rapidement trouver un public fidèle, si ce n'est déjà fait, et un groupe que l'on aimerait voir plus souvent sur scène dans nos contrées.
Long Live Wolfmother !!!