Les X-men, les Nouveaux mutants, Excalibur, Wolverine... Et bientôt la duplication des X-men !
En cette fin de décennie 80's, l'auteur spécialisé dans les comics mutants est au four et au moulin.
Lorsqu'il rédige le scénario des "Classic X-men", épisodes de quelques pages (réédités en partie par Panini dans l'album "Vignettes") racontant quelques tranches de vie issues des années précédentes, Claremont confesse qu'il tient enfin une série sur laquelle il n'est pas stressé par les impératif de la production. Comprenez : "J'avais le temps de m'appliquer"...
Le problème est là : Les séries sortent à un rythme soutenu, voire effréné, et notre scénariste multiplie les commandes. Parfois inspiré, parfois non, souvent laborieux car ayant du mal à mêler la qualité à la quantité, il livre un travail inégal. La série Wolverine en est un bon exemple : Inaugurée en 1982 à travers la minisérie "Moi Wolverine" (en collaboration avec Frank miller), un monument conceptuel du comic mainstream, elle démarre réellement en 1988. Claremont en signe les dix-huit premiers épisodes, avant de passer la main à Peter David. Comme d'habitude avec notre bonhomme, le pitch de départ est jouissif : Le mutant griffu au naturel (sans costume), hante les quartiers pauvres et aristocratiques de l'île de Madripoor, une mini-nation imaginaire (sorte de mélange entre Singapour et Los Angeles). Les aventures ressemblent à du "Raymond Chandler exotique", avec son Logan (surnommé "Patch") en détective privé, verre d'alcool et cigare au bec. Hélas, dans la forme, c'est souvent laborieux : Bastons répétitives et ennuyeuses, dialogues insipides, dénouements inintéressants, dessins bâclés...
Cependant, on peut voir au travers du dernier épisode écrit par Claremont (le 3° de cette intégrale), où l'on revient sur les liens entre "Wolvie" et "Dents de sabre", à quel point l'auteur des "X-men" peut faire preuve de talent lorsqu'il s'applique. L'épisode, tout en voix-off, introspectif et addictif, laisse entendre que les personnages sont unis par un lien mystérieux... Une vingtaine de pages superbes, qui surnagent au dessus d'un ensemble assez pauvre et infantile.
Je retiendrais finalement une chose de ce grand scénariste : Il fut une époque où la production brimait le travail des auteurs de comics par manque de temps.
Attention ! trop de mutant tue le mutant !