Encore un bravo à la collection CRITERION qui nous apporte ce superbe film de TESHIGAHARA.
L'auteur tourne en 1964 ce film en noir et blanc.
L'ouvrage aborde le thème des relations entre homme et femme et les rapports de l'individu à la collectivité. Le sujet est ardu, austère et envisagé sous l'angle le plus pessimiste qui soit.
TESHIGAHARA réalise cette analyse avec une élégance et une virtuosité rarement atteintes au cinéma.
Le mode choisi est celui de l'allégorie et du conte philosophique.
Un entomologiste amateur est conduit dans une fosse aux parois sablonneuses, où vit une veuve chargée d'extraire du sable pour les villageois d'un hameau voisin.
Il devient prisonnier de la fosse d'où il ne peut s'extraire. Il se retrouve à la merci de la collectivité qui assure sa subsistance et pour laquelle il doit travailler en retour. Son séjour lui impose la présence d'une femme avec laquelle il lui faudra composer.
Tous les éléments du drame sont posés. Et c'est à présent l'entomologiste qui passe de sujet à objet d'observation. TESHIGAHARA nous montre par le menu l'évolution du prisonnier, son machisme qui s'émousse, sa révolte qui se convertit en acceptation puis en résignation.
La photographie mérite à elle seule tous les éloges. Dès les premiers plans, le spectateur est frappé par la force et la beauté des images qui viennent soutenir le propos : vagues de dunes, barque ensablée, effets de vent, portraits...
Avec cette oeuvre, TESHIGAHARA aborde une réflexion philosophique à travers l'image sans que les deux heures et demi de projection ne se convertissent en ennui.
La restauration du film est irréprochable et mérite de le visionner avec des sous-titres en anglais.
Voici donc un film pessimiste et d'une qualité exceptionnelle.