Greg Rucka a écrit les scenarios de la série Wonder Woamn de l'épisode 195 à 226. Ce tome est le dernier de la série, et il se situe après
Wonder Woman: Land of the Dead. Il comprend les épisodes 218 à 226 et il est vraiment le dernier de la série, dans le sens où elle s'est arrêtée au numéro 226 pour reprendre avec un nouveau numéro 1 dans
Wonder Woman: Who Is Wonder Woman.
Le premier épisode sert d'épilogue au tome précédent et il permet à Diana de déposer les armes avec Cassandra (Wonder Girl) et de réintégrer son ambassade (à l'époque l'ile de Themyscira était intégrée à notre plan d'existence et les amazones disposaient d'une ambassade à New York). Il permet également à Ares d'enlever sa fille aux amazones.
Une fois passé cet épilogue, l'histoire nous emmène au c½ur du prologue
Infinite Crisis, et il expose en particulier le rôle de Diana dans
The Omac Project. Maxwell Lord s'est emparé de l'esprit de Clark Kent et il le manipule à sa guise. Il revient à Diana de trouver la solution pour rendre à Superman son libre arbitre. Elle enserre Lord dans son lasso magique et il lui indique qu'il n'y a qu'une possibilité : seule la mort de Lord libérera Kent de son emprise. N'ayant pas d'autre choix, Wonder Woman exécute Lord et OMAC diffuse les images de ce meurtre sur tous les écrans du monde. Les épisodes suivants sont consacrés au combat de Wonder Woman contre les OMAC, à leur invasion de Paradise Island, à sa reddition à la Cour International de Justice de La Haye, combattre Cheetah (Barbara Minerva) et dire au revoir aux dieux.
Greg Rucka bénéficie d'une trame d'envergure pour tisser son intrigue : l'univers DC est à feu et à sang du fait de la prolifération des OMAC et des bouleversements autorisés par le crossover "infinite crisis". Son récit est à la hauteur : Wonder Woman doit faire face à de grandes crises en terme d'affrontements, mais aussi en terme de dilemmes moraux. Il s'agit d'un des rares scénaristes à avoir réussi à concilier touts les aspects (parfois contradictoires) du personnage de la princesse des amazones. Elle a un port de reine tout en restant humaine ; c'est une guerrière farouche tout en restant accessible à la compassion. À ce titre, Rucka fait vraiment honneur au personnage. Sous sa plume, Barbara Minerva devient un personnage crédible et dangereux, ce qui n'est pas toujours le cas. Cette histoire est portée avant tout par l'action qui ne ralentit pas un seul instant pendant ces deux cents pages.
Les illustrations sont réalisées à tour de rôle par 7 dessinateurs : Cliff Richards, Rags Morales, David Lopez, Ron Randall, Tom Derenick, Georges Jeanty et Karl Kerschl (avec pas moins de 8 encreurs). Le plus étonnant, c'est que l'ensemble du tome présente une unité graphique assez cohérente, sans véritable hiatus. Les dessinateurs ont tous opté pour un style plutôt réaliste, sans déformation symbolique, avec un niveau de détails suffisant sans être trop élevé, et une bonne dose de courbes qui rendent hommage à la plastique parfaite de l'héroïne (mais sans obsession maladive sur sa poitrine ou ses fesses) et qui rendent les dessins plaisants à l'oeil.
Le tome se clôt par un épisode revenant sur une demi douzaine de moments marquants dans la carrière de Wonder Woman : son apprentissage de langue anglaise avec Julia Kapatelis, l'inauguration de l'ambassade avec Superman, le remplacement de Diana par Artemis (
Wonder Woman: The Contest), le crossover "Our worlds at war" et la mort de Sue Dibny dans
Identity Crisis. C'est l'occasion pour Greg Rucka de dire au revoir à ce personnage et de refermer la porte de cette série sur ce dernier épisode. "Mission's end" constitue une lecture très divertissante et une très bonne histoire de Wonder Woman. Ce qui me retient de lui attribuer une cinquième étoile, c'est que le scénario manque de profondeur pour sortir de la catégorie adolescente et que les dessins ne sont pas assez marquants pour devenir inoubliables.