Je n'écris jamais à chaud, mais là je ne peux pas attendre. Alors je vous dis tout de suite que je classe ce disque à la hauteur du "Déjà vu" de Crosby Stills Nash & Young, de "If only I could remember my name" de Crosby...Bref, dans mon panthéon des œuvres intemporelles. Ce disque est un chef d'œuvre, Bonnie Prince Billy est un des rares songwriters à réussir à me plonger aussi profondément dans de nouvelles dimensions. Vous entendrez des harmonies vocales dignes de CSNY, des constructions de morceaux inattendues, aucun refrain convenu. Le son est magnifique, la voix de Will Oldham touche l'émotion au plus haut point, fluctuante, un peu comme sur "the Letting Go". Les arrangements sont presque uniquement vocaux, c'est très espacé, très peu de percussion, car on ne peut pas dire qu'il y a une batterie. Les guitares sont des fois très discrètes, reviennent, repartent. Bref, le point très fort c'est l'interprétation, simplement géniale. Ça colle parfaitement au concept qu'il cherche à développer, entre corps et esprit, instrument et voix. Ce qui aurait pu être austère devient magnifique, à travers cette honnêteté émotionnelle qu'il arrive toujours à garder intacte. J'aurai du mal à dire que c'est mon préféré, tant ses disques sont différents (rien à voir avec le non moins excellent "Superwolf" par exemple, ça c'est la marque des grands, ils vous touchent quoiqu'ils touchent), c'est juste le plus transportant pour mes oreilles. Comme une vague qui vient vous prendre pour vous emmener au plus loin. A écouter assez fort, seul, pour avoir une attention totale. Le vide se fait de lui-même aux premiers accords, aux premières mélodies. Merci Will, je n'ai encore jamais douté de toi, et je pense que ce n'est pas près d'arriver.