Premier album solo d'un Beatle, Wonderwall Music est en fait une musique pour un film que je dois bien avouer n'avoir jamais vu. Entre Orient et Occident, il expose les obsessions musicales d'Harrison déjà entrevues avec ses habituels partenaires de jeu.
Déjà sur Revolver (Love to You) et Sgt Pepper (Within You Without You), George avait montré sa passion pour la musique indienne il est par conséquent logique de le voir explorer encore plus avant cette tendance en enregistrant une moitié de cette BOF en Inde.
Chose relativement étonnante, Harrison ne joue de rien sur "Wonderwall Music", se contentant du rôle de compositeur, de directeur musical et de producteur. C'est donc à lui et à personne d'autre que l'on doit le côté relativement décousu et parfois maladroit de l'ensemble. En effet, cet album n'est pas exempt de tout reproche, on eût aimé que les deux sessions s'imbriquent mieux, stylistiquement, l'une à l'autre.
Toujours est il que, pour maladroit et inégal qu'il fut, l'importance et l'avant-gardisme de cet album n'est plus à démontrer puisqu'il prouve qu'Harrison était plus important qu'on aurait pu le penser au sein de l'évolution musicale des Beatles mais aussi - et surtout - parce qu'il constitue, par le fait même d'être le premier album d'un Fab Four hors de sa formation annonçant ainsi le début de la fin pour un des groupes les plus important de toute l'histoire de la Pop Music.
Au final, cet album peut-il être considéré comme faisant partie de ces fameux "trésors perdus". Etant donné son peu de retentissement à l'époque (échec dans les charts britaniques et un simple accessit outre-Atlantique) mais aussi les perspectives "world-fusionnantes" qu'il ouvrait, on ne peut le contester.
Reste qu'il ne fait pas partie de ces albums parfaits qu'on écoute et réécoute sans y trouver de faille. Non, "Wonderwall Music" ressemble plus à un canard à trois pattes faisant du patinage artistique qu'à un aigle volant au dessus de sommets enneigés. Il n'en demeure pas moins une écoute essentielle pour qui veut parfaire sa connaissance de la trajectoire peu commune du "baby beatle".
Credits:
England (December 1967)
Tracks 2, 5, 8, 10, 11, 14, 17 and 18
John Barham: piano and flügelhorn
Colin Manley: guitar and steel guitar
Tony Ashton: jangle piano and organ
Philip Rogers: bass
Roy Dyke: drums
Tommy Reilly: harmonica
Eddie Clayton (Eric Clapton): guitar
Richie Snare (Ringo Starr): drums
Peter Tork: banjo
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India (January 1968)
1, 3, 4, 6, 7, 9, 12, 13, 15, 16 and 19
Aashish Khan: sarod
Mahapurush Misra: tabla and pakavaj
Sharad Jadev: shehnai
Hanuman Jadev: shehnai
Shambu-Das: sitar
Indril Bhattacharya: sitar
Shankar Ghosh: sitar
Chandra Shekhar: surbahar
Shivkumar Sharma: santoor
S. R. Kenkare: flute
Vinaik Vora: thar-shehnai
Rij Ram Desad: harmonium and tabla-tarang