Eh, oui, mes frères et soeurs en Gibson, Fender, Premier, Ludwig, Marshall, Wem, nous ne sommes pas seuls. Au-delà des galaxies, flotte dans le néant azuré, libre de toute attache, la planète Rock.
Cette planète a sa capitale, Londres, et son lieu de culte, objet de toutes les vénérations pour celles et ceux que ça a fini par rendre sourd : Woodstock.
Woodstock, célebrissime par sa faune (500 000 chevelues et chevelus s'abandonnant au stupre, aux stups et à l'électricité-Sex and Drug and Rock'n'roll-), condensé de toutes les infamies (les folkeux gnangnan, débiteurs guimauvesques de bons sentiments bas de gamme) et lieu sacré par la plus forte concentration d'électricité jamais réunie en seul moment au même endroit.
En ces 3 jours immortels, les WHO, Ten Years After, Santana et le grand oiseau céleste "Voodoo chile" ont tout fait exploser, ouvrant l'espace du "no limit" à nos oreilles confinées.
Les évadés de la Planète Muzak ont ici trouvé leur Forteresse de Combat, dressé les barrages d'Artillerie anti-yéyé et anéanti les Armées Obscures des Grands Sénéchaux Lucifériens Guy Lux, Georges Folgoas et les Carpentiers, instruments Belzébuthiens issus des plus sombres machinations anti-Rock et oeuvrant, à l'ORTF, tous les mercredis et samedis soirs de la fin des années 60 à la destruction des Forces du Bien.
Gloire, gloire, gloire à Celui qui a rendu cela possible : le propriétaire du champ où s'est déroulé ce Festival. Il siège désormais à la droite du Seigneur et assiste gratos tous les soirs aux plus grands boeufs qu'il ait été donné d'entendre.
Amen