De son vivant, Thackeray était le grand rival de Dickens, mais la plupart de ses livres ont peu à peu disparu des librairies et des bibliothèques. Si malgré tout on se souvient encore de lui aujourd'hui, c'est essentiellement pour deux raisons. D'une part, pour avoir inspiré
Barry Lyndon de Kubrick. D'autre part, pour avoir écrit cette énorme chronique de la vie et des moeurs en Angleterre à l'époque napoléonienne qu'est "Vanity Fair". Considéré à juste titre comme le "Guerre et Paix" de la littérature anglo-saxonne, ce roman-monde est indiscutablement un "pavé". Pour autant, il n'a rien d'indigeste. Son ton est enjoué, son style virtuose, l'humour y est omniprésent et la critique sociale acérée. De plus, ayant d'abord paru sous la forme de livraisons mensuelles, il bénéficie d'une structure feuilletonesque qui fait sans cesse rebondir l'intrigue et renaître l'intérêt. Personnellement, je ne suis pas très fervente des bouquins qui dépassent les 500 pages, et à plus forte raison les 1000, mais croyez-moi, en l'occurence, la longueur de ce livre n'est aucunement un obstacle. Au contraire, sa lecture est si addictive qu'une fois commencée, on aimerait qu'elle ne s'arrête plus!