Premier objet de satisfaction pour le fan que je suis : Springsteen n'a jamais été aussi prolifique qu'en cette première décennie du 21ème siècle. Jugez par vous-même : 5 albums studio depuis 2002 contre 3 dans les 90's et 4 dans les 80's et les 70's. Certes, ses dernières livraisons n'égaleront jamais en qualité les albums des 70's, classiques parmi les classiques que sont Born To Run, Darkness et The River mais la sortie d'un nouvel album du Boss est toujours un événement.
Passée l'émotion et l'excitation des premiers instants, le jugement est sans appel : Working On A Dream, le petit dernier, le 16ème, est moins bon que la grande majorité des albums de Springsteen. Moins percutant et moins rock que son prédécesseur, Magic, il offre néanmoins quelques beaux morceaux de bravoure, à commencer par le titre d'ouverture « Outlaw Pete » qui, tout en crescendo et en plus de 8 minutes, rappelle d'entrée une évidence : Springsteen a toujours été et restera un grand auteur-conteur-compositeur. La mélodie est imparable, les arrangements lumineux et la construction du titre innovante et au service de cette histoire de hors la loi traqué par un chasseur de primes.
Suivent 3 titres d'une efficacité redoutable : My Lucky Day, Working On A Dream et Queen Of The Supermarket. What Love Can Do, This Life et Good Eye sont un peu plus faibles. On perçoit d'ailleurs ici une des principales limites de ce disque : un léger manque de constance et de cohérence souvent propre aux albums écrits et conçus en tournée.
Life Itself, tout en tension retenue, Kingdom Of Days et Surprise Surprise relancent quelque peu le disque qui s'achève sur deux titres acoustiques : The Last Carnival et un titre bonus, le magnifique The Wrestler composé pour la BO du film du même nom (
The Wrestler [Blu-ray]).
Au final, ne nous le cachons pas, ce Working On A Dream est trop inconsistant et pas assez cohérent pour être considéré comme un grand album du Boss. Trop pop, honorable mais pas mémorable, il vaut surtout pour ses 4 premiers titres. C'est un peu juste, nous en conviendrons...