Depuis 1991 et la sortie de "Brotherhood", les Doobie Brothers nous faisaient patienter avec des "Live" comme l'exceptionnel " Rockin' down the Higway: The Wildlife concert" (1996) ou le trés bon "Live at Wolf Trap" cd+dvd (2004). Comme un fait exprès j'ai oublié de citer "Sibling Rivalry" sorti en 2000 qui fera la fortune des soldeurs à défaut de celle des auteurs qui n'en n'ont guère besoin à la lecture de leur CV: 30 millions d'albums vendus, 13 albums au compteur, 4 Live et quelques dizaines de compilations, le tout en 40 années de carrière.
Mais ce 13ième album semble marquer un retour aux affaires des Doobie Brothers même si Tom Johnston avoue lui-même que cet album est au mixage depuis 5 ans et que la mayonnaise avait du mal à prendre. Il faut dire qu'ils ont mis le paquet: pas moins de 22 personnes en plus de Ted Templeman et du groupe de base ont participé à l'élaboration de "World Gone Crazy".
A l'écoute de ce cd ne vous attendez pas à de grands couplets de rock du style "Listen to the music" ou " Long train Runnin'"et de riffs massacreurs, vous trouverez plutôt des titres bien interprétés, bien huilés et surtout bien produits. C'est du pur son estampillé Doobie Brothers comme cette sublime reprise de "Nobody" vieille de plus de 30 ans avec son intro à la slide, "Chateau" qui remue comme au bon vieux temps de "Sweet Maxime" et le reste est de même facture.
En fait, ce cd est une alternance de titres et de genres musicaux que l'on reconnait facilement chez eux à l'exception de " Juarez" plutôt du type musique mexicaine. Le retour de Michael Mc Donald m'inquiétait; son influence "Jazzy californien" à la Steely Dan mais pour radio FM me laissait craindre le pire.
Que nenni! que du bon Doobie Brothers de leur début.
Mais ce qui est frappant avant tout c'est le soin donné aux intros des chansons, et avant d'écouter d'une façon aléatoire sur une mauvaise borne de rayon des disques, allez jusqu'au bout et découvrez la finesse de ce cd.
Bien sur on ne reviendra pas en arrière, bien sur ce n'est pas le cd de l'année et encore moins le meilleur des Doobie, mais jamais, depuis "The Captain & me", "What were once", "Toulouse St." ou le trés critiqué "Stampede", je n'avais retrouvé ce fameux son de Rock californien qui les caractérisait.
Cet inespéré retour aux sources est un bienfait et un rayon de soleil au milieu d'une pleiade de nouveautés chez nos vieux rockers qu'en toute honneteté on peut juger inutiles pour ne pas dire affligeantes pour leur grande majorité.
C'est un excellent remède contre le vieillissement, je vous le recommande.