Ben Templesmith, du haut de ses 31 ans, continue avec ce tome 2 de nous entrainer dans son univers très, mais alors très personnel de Wormwood, le ver détective possesseur de cadavres...
Si dans le tome 1 il posait son décor et constituait une "équipe" autour de l'investigateur zombifié, dans cette suite que je vois arriver de nulle part sans trop y croire, il fouille l'univers proposé et exploite les capacités de chacun face à de nouveaux ennemis, dans une autre dimension : la Farfadie, pleuplée de farfadets, forcément, mais pas ceux des comptines : ceux-là sont pervers et gores, avec à leur tête une reine travelo lubrique. Ca promet. Non content de nous précipiter dans une aventure déjà bien allumée, qui repousse toutes les limites du rationnel, Templesmith y ajoute des mangeurs de monde, et dote Wormwood d'un corps temporaire de fillette, le sien étant en "réparation". La fillette sirote donc de la bibine et fréquente les bars à girls, tout cela armée d'une sucette et d'un gros calibre, d'un cyborg et d'une gardienne démonico-humaine.
Le tout étant servi par un dessin écorché, typique de l'australien, une colorisation jouant sur les oranges sombres, les verdâtres et la ténèbre en général, ainsi que des retouches novatrices assistées informatiquement, qui soulignent le mouvement et le coté vraiment dingue.
Entre Fell et Hellboy, Wormwood est une bonne bouffée d'air vicié dans l'univers BD trop propre sur lui... génial !