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D'avoir trop voulu enfoncer les portes de la perception à coup de substances illicites, Syd Barrett, leader du Pink Floyd première mouture avec lequel il enregistra
The Piper At The Gates Of Dawn en 1967, s'est cramé les ailes, y laissant la santé mentale. Mal remis de son éviction du groupe, il enregistre en 1969 et 1970 deux albums solo franchement décalés,
The Madcap Laughs et
Barrett qui, comme les premiers Floyd, ouvrent la voie du psychédélisme britannique à toutes ces formations gravitant autour de Soft Machine, annonçant également un certain glam décadent dont Marc Bolan et Tyrannosaurus Rex (qui a, en ce qui concerne les elfes et les gnomes, les mêmes préoccupations que Barrett héritées de l'univers de
Bilbo le Hobbit et
Le Seigneur des Anneaux de l'écrivain Tolkien), le nonchalant Kevin Ayers et David Bowie sont les épigones – ce dernier rendra d'ailleurs hommage à Barrett en reprenant "See Emily Play" sur
Pin-Ups. De Barrett que le Floyd saluait au travers du "Shine On You Crazy Diamond" sur l'album
Wish You Were Here, on croyait tout connaître, surtout après la publication de rarissimes et excellents inédits compilés en 1988 sur
Opel, l'édition des sessions radio réalisées pour l'émisson de radio de John Peel et la sortie du remarquable coffret
Crazy Diamond. Eh bien non. S'il est inutile de préciser que ce disque ravira le néophyte, il est plus qu'étonnant de constater qu'il comblera l'amateur. En effet, outre un passionnant livret accompagnant une sélection pertinente, on trouve là trois indispensables bonus tracks dont l'épatant "Bob Dylan Blues". Il va sans dire indispensable.
--Philippe Robert
Compact
Rock Essentiel. Roger «Syd» Barrett fut cette supernova qui brilla et se consuma très rapidement après avoir laissé une marque indélébile sur le rock psychédélique avec le premier album du Pink Floyd
The Piper at the Gates of Dawn. On sait tout sur son comportement erratique, ses excès de stupéfiants puis son aliénation (au sens propre) de plus en plus grande à légard de notre monde. De ses deux albums solo, cette compilation capture lessentiel, elle y ajoute des extraits d
Opel ainsi quun inédit «Bob Dylan Blues». On y retrouve lhumour facétieux, les dérives hallucinantes, limpact insensé et les vocaux fracassés du «lunatic». Indispensable pour ceux qui savent quil y a un peu de Barrett en chacun de nous. 22 titres, 73m 32s