Comme un gros bruit de moteur dans le désert californien. Quatre gamins, même pas l'âge légal de boire de la bière, qui filent à toute bringue jusqu'aux "generator parties" ou des groupes défoncés (Yanwing Man, pour commencer) joue un gros rock répétitif, bien lourd, bien gras, sous les vapeurs d'essence et de produits illégaux. Stoner, le mot est lâché, un peu trop vite. Les fils de Kyuss balance un barrage de riffs déjà marqués de la patte de Josh Homme, malgré une production manquant sérieusement de relief. Ca déboulle à toute bringue, ça ferraille dur du côté de Brant Bjork. Un peu rugueux aux entournures encore, surtout au milieu de l'album qui s'enlise dans le sable mouvant faute de bonne composition. Mais quand ça décharge, c'est court, rapide, concis, presque punk dans l'âme, "Love has passed me by" et "Isolation", deux brûlots qui font chauffer les pneus, où l'apache John Garcia trouve sa voie/x. Déjà les traces du grand rock cramé à venir, "Son of a bitch" ou "I'm not", Sabbath avec coups de soleil. Bjork sert un peu de psychédélisme pour terminer, "Stage III" mais l'essence du Kyuss d'alors, juvénile, plus crasseux que poussiéreux, se trouve plus dans le très "classieux" "Big Bikes", où tout est à peu près dit dans le refrain scandé par Garcia de sa voie déjà puissante "I want some pussy, from a bad bitch, on a big bike yeah !". Encore une petite mousse, pour la route ?